Souviens-toi

13 septembre 2017

J+463 : Je rentre à la maison

7 juin 2016 - 7 septembre 2017
Place 7. Place 37.
Peu importe où mon chemin me mène ces derniers mois, le chiffre 7 est toujours là. 

Tu pars où ?
Je rentre en France... dans mon pays... chez moi... à la maison.
Les mots ont du mal à passer. Aujourd'hui, je ne suis plus vraiment sûre de mon identité. Loin de vouloir renier mes racines, je vis mon quotidien au-delà des frontières et des nationalités. Rentrer n'a rien d'anodin lorsque l'on vit loin. Loin de chez soi, loin des siens.

Avril - La joie
Ça y est, c'est officiel : les billets sont réservés. Tu préviens tout le monde. Même si septembre ça paraît loin, vu le nombre de personnes que tu veux revoir et le nombre de bébés que tu veux rencontrer, dix jours, ça va vite filer. Mieux vaut anticiper.

Août - L'angoisse
Le négativisme, le racisme, le sentiment de ne pas être assez, d'être inadaptée... 
Quand toutes ces choses que tu as envoyées valser en t'installant de l'autre côté de l'océan reviennent te hanter, la bulle de protection que tu t'es créée s'empresse d'exploser. Si, en un an, dans ton pays, rien n'a changé, toi, en revanche, tu as beaucoup évolué.
Et si rentrer n'était finalement pas une bonne idée ?

Septembre - La résignation, l'affront, l'excitation
Plus la date de ton vol approche, plus les émotions se bousculent dans ton cerveau. Ton pays te verra tel que tu te vois, toi. Si le bonheur crépite dans ton estomac, il se reflétera dans tes yeux. Et quand bien même ton pays n'apprécierait pas ce qu'il voit, qui est-il pour influencer tes choix ?
Pas le temps de répondre à cette question que ton état de santé accapare toute ton attention.
Tu peux pas prendre l'avion dans cet état-là !
Ta coloc' et ta patronne coalitionnent. L'une te prête son spray d'huiles essentielles pour accentuer l'efficacité de tes inhalations, l'autre fonce à la pharmacie pour t'acheter des médicapants décapants.
Flippée à l'idée que tes sinus explosent avec la pression, tu fais du débouchage de ton nez ta priorité. Tellement qu'à la question "Alors prête à rentrer en France ?", heu... à la suprise générale, tu réponds "Pas vraiment.". En même temps, cette notion de retour te paraît tellement abstraite que, jusqu'au dernier moment, tu le vois comme la réalité virtuelle d'un monde parallèle.
Et puis, une fois les cadeaux achetés et la valise bouclée, tu commences à réaliser. En route pour l'aéroport, tu regardes la vitre du bus briller, puis se troubler. Ce mélange gouttes de pluie / rayons de soleil représente bien ce que tu ressens : les émotions se bousculent dans ton cerveau. Finalement, c'est la surexcitation qui prend le dessus. Après plus d'un an sans pouvoir voir, sentir, ni toucher tes proches... Vite, vite, Monsieur le pilote : il est temps de réveiller mes sens. Il est temps de rentrer à la maison.

art

Posté par estelle_rousseau à 23:16 - Commentaires [0] - Permalien [#]


06 septembre 2017

J+456 : À la chasse aux baleines et aux aurores boréales

Tout a commencé avec une conversation. Si cette année devait être notre dernière au Canada, on ferait quoi ? Voir une aurore boréale. Clairement. Oui, mais où ? Et quand ? En mai et en septembre, elles descendent apparemment parfois jusqu'au Lac Saint-Jean. Septembre ➝ Lac Saint-Jean ➝ Tadoussac ➝ baleines ➝ septembre ➝ fête du travail ➝ longue fin de semaine. Réaliser deux rêves canadiens à la fois ? Aaaaah, les amis, on y vaaa !!!

Après huit bonnes heures de route, on est arrivés en pleine nuit au chalet immense du collègue d'une amie loué pour le weekend. Répartition des chambres, mise en pyjama, faufilage sous les draps : crevés, on était plus-que-prêts à sombrer dans les bras de Morphée.

À la chasse aux baleines
Manteau, écharpe, gants : une fois à bord du zodiac, on a très vite compris pourquoi la madame de la réservation nous a fortement conseillés de nous habiller chaudement. C'est qu'il fait ben frette (froid) sur le fleuve Saint-Laurent !!!
Si les consignes de distance à respecter sont très strictes pour les bateaux, les baleines ne sont, elles, tenues à aucune obligation. Deux jets d'eau, deux nageoires dorsales, puis deux plongeons plus profonds à la recherche de plancton : une scène apparemment très rare que nous avons eu la chance de voir, au plus grand bonheur de nos yeux, de nos appareils photos et de notre guide-naturaliste encore plus excitée que nous. Une maman et son bébé. Le seul bébé repéré cette année. On en a pris plein la vue. C'est fou !

À la chasse aux aurores boréales
Le soir même, après un magnifique coucher de soleil sur la terrasse droit devant nous, le soleil a disparu, puis le ciel est, tour à tour, devenu rose, orange, bleu et...
- Oh, regarde ! Le ciel devient vert !!!
- Vert ??? Oh ouiii !!! Tu crois qu'on va voir une aurore boréale ???
- Ben, il devient de plus en plus vert !!!
Oui, alors, en fait, pas du tout. Quelques minutes plus tard, le ciel était surtout bien... bleu foncé-noir ! Notre état d'excitation a laissé sa place à la déception, puis à la résignation. Demain soir, peut-être ?

☑ Voir des baleines 
☑ Marcher sur le sable de Tadoussac, dans un décor rappelant étrangement la Bretagne
☑ Se balader sur un sentier tellement rempli de Français qu'on n'osait plus ouvrir la bouche par peur d'être repérés 
☑ Pique-niquer les yeux rivés sur des bancs de belugas
☑ Observer, jumelles en mains, d'autres bancs de belugas depuis la terrasse du chalet
☑ Goûter au homard trônant dans l'assiette de mes amis et - beurk ! - m'interroger sur le pourquoi du comment de son prix exorbitant
☑ Être initiée à de nombreux jeux de société
☑ Regarder les garçons finir les spaghettis au petit déjeuner sans broncher pour ne pas avoir à admettre qu'1,5kg de pâtes pour 7 et demi constituait une quantité légèrement disproportionnée
☑ Payer l'accès au parc façon jeu à gratter et glisser les billets dans une petite boîte à l'entrée du sentier, le tout sans personne pour nous contrôler
☑ Prendre en photo les toutes premières couleurs de l'automne
☑ Lire le guide d'utilisateur de notre voiture de location après avoir testé le mode tout terrain à une vitesse largement supérieure à celle autorisée
☑ Prendre le traversier sur le fjord entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine
☑ Se lancer dans un blind test musical sur une playlist des années 80 et se rendre compte à quel point les chansons les mieux maîtrisées sont rarement les plus profondes !
☑ Poubelles débordantes, plateaux non débarrassés, attente interminable, confusions dans les commandes... Bref. Halluciner face à la scène de chaos chez McDo.
Finalement, la seule chose que l'on n'aura pas vue du weekend ce sont les aurores boréales. Les coquines ont attendu que l'on parte pour embellir le ciel du Lac Saint-Jean. C'est balo ! Depuis, on zieute le ciel de Montréal. Le phénomène y est plus rare et plus difficile à repérer à cause des nombreuses lumières urbaines, certes, mais ce ne serait pas la première fois. Bon, petite note à moi-même toutefois : si le ciel nuageux verdit en direction du centre ville, ce sont les reflets des lumières de la tour Desjardins, PAS les lueurs d'une aurore boréale !

art art art

Posté par estelle_rousseau à 23:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]

30 août 2017

J+449 : Un festival de ballons colorés enflammés... ou presque !

Des montgolfières, des attractions, des concerts. Heu, les amis, ça vous dit ?

Me voilà donc partie avec trois de mes amis pour l'International de montgolfières de St-Jean-sur-Richelieu (à 45 minutes au sud-est de Montréal).

Des attractions
À peine arrivés à destination, première constatation, première mission :
- c'est fou le nombre d'enfants / d'activités spécialement conçues pour les occuper un peu / dépouiller leurs parents !
- explorer les lieux à la recherche d'activités auxquelles les grands aussi ont le droit de participer.
Après une initiation à la slackline, direction le Défi Pop Challenge, un parcours sportif principalement composé de châteaux gonflables. 
Prise d'élan, escalade à la force des bras, glissades tobogganales : pas vraiment équipés pour l'occasion, on a quand même foncé. Très vite, le taux de testostérone des garçons s'est décuplé et, prêts à tout pour gagner une course qu'on n'a jamais vraiment déclarée, ils se sont mis en tête de nous faire tomber. Sauf qu'avec les mouvements d'air, impossible de se relever, on était littéralement coincées, mortes de rire, ce qui ne nous a d'ailleurs absolument pas aidées...
Plus tard dans la soirée, deux de mes amis se son lancés dans le dégommage de pyramides de boîtes de conserves. À la clé ? Le gros dragon vert fluo en peluche que j'avais repéré. Ambitieux ? Un peu. N'empêche, au top de leur forme / force, tour à tour, les boîtes de conserves, ils les ont envoyé valser et, le gros dragon (Big D.), ils l'ont remporté ! Ouaouuuh ! J'étais impressionnée !

Des concerts
C'était pas le tout de remporter Big D., après il a fallu se le trimballer ! Sur nos épaules, dans nos bras, sous le bras, en garde alternée... bref. Big D. a assisté aux concerts à nos côtés.
Au programme de la soirée :
- Scott Helman : une découverte pop sympa que les jeunettes du premier rang connaissaient déjà à en croire leurs cris de groupies. Hum... c'est le nouveau Justin Bieber, c'est ça ?
- les finalistes de La Voix 5 (Québec oblige, le titre de l'émission The Voice, se traduit ici) dans des styles complètement différents, allant du métal au Frank Sinatra et, le temps d'une ou deux chansons... Corneille (mentor dans l'émission) !!!

Des montgolfières
Lorsque l'heure de leur envol a sonné, appareils photos dégainés, on a attendu... attendu... attendu que la météo y mette un peu du sien... en vain. Si le vent et la lumière du jour étaient les bienvenus, le gros nuage menaçant au-dessus du champ, l'était, lui, beaucoup moins. Résultat : il a fallu me faire à l'idée que voir des gros ballons enflammés décoller ne serait pas pour cette année.
Bon... et si on allait manger une poutine au porc effiloché de mon foodtruck préféré pour oublier ?

Quant à Big D., il a bien fallu le ramener à Montréal. Contente à l'idée d'avoir un oreiller sur lequel me caler sur la route du retour, j'ai vite déchanté : non seulement il prenait toute la place, mais, en plus, les billes qui le composent roulaient sous mon oreille au moindre mouvement... et quand on voit l'état des routes québécoises, autant dire que ça arrivait souvent !
Après la voiture, le métro. S'il n'a pas eu à payer de ticket, on l'a néanmoins assis dès qu'on en a eu l'occasion. C'est qu'il pèse son poid (et qu'il favorise la transpiration), le petit dragon ! 
Depuis, il attend bien sagement au fond d'un placard à vêtements en attendant de se trouver une nouvelle maison...

art art

Posté par estelle_rousseau à 23:42 - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 août 2017

J+442 : Fierté Canada

J'ai toujours voulu assister au défilé d'une fierté. Au-delà des couleurs et des costumes exubérants, il y a des valeurs que je défends et un drapeau que j'aime particulièrement.

20 août 2017. La date était notée dans mon calendrier. Et comme, en plus, cette année, Montréal avait été sélectionnée pour accueillir la toute première Fierté Canada, impensable de passer à côté, c'était l'occasion rêvée. Appareil photos en mains, j'y suis donc allée..

Étape n°1 : repérer le lieu exact du défilé
Pour ça, il y a l'application qui nous a sauvés plus d'une fois depuis notre arrivée à Montréal, mon sens plus-que-pourri de l'orientation et moi : Google Maps. Sérieux, que je suive ou que je contre ma toute première intuition, je pars systématiquement dans la mauvaise direction. C'est pas faute d'avoir choisi une ville à grandes artères perpendiculaires pourtant...
Pour l'occasion, la portion du Boulevard René-Lévesque que le défilé devait fouler avait même revêtu les couleurs du drapeau arc-en-ciel. Plutôt pratique pour repérer le lieu exact du défilé !

Étape n°2 : trouver l'emplacement idéal
Moui, fin, bon... un bon quart d'heure fois deux Savoyards donnant environ une heure de retard, il a surtout fallu trouver un emplacement où la parade n'avait pas encore commencé !
La station de métro Place d'Armes étant à mi-chemin, elle me paraissait plutôt bien. À un infime détail totalement-occulté-par-mon-cerveau près : ça signifiait assister au défilé depuis le quartier chinois, un monde oh-combien-culturellement-différent de celui auquel m'ont habituée les Québécois. Car, si les Québécois s'exécutent d'emblée lorsqu'un policier leur demande de reculer pour permettre aux chars du défilé de passer, il semblerait que, pour les Chinois, le respect des consignes formulées par un membre de l'autorité soit une notion beaucoup plus... floue. Tablette et appareil photos en mains, ils sont restés figés. Première demande, deuxième demande, troisième demande. Le ton du policier s'est durci, mais rien n'y a fait. Pour enfin parvenir à les faire reculer, M. Autorité en a été rendu à poser la paume de ses mains sur eux pour les pousser délicatement, mais fermement. Hallucinant !
Quant à moi, partagée entre l'abasourdissement face à l'improbabilité d'une telle situation et l'exaspération, j'avais comme l'intuition que ma résistance nerveuse allait être mise à rude épreuve...

Étape n°3 : collectionner les cadeaux
Bandana multicolore, tatouages temporaires, canette arc-en-ciel de cola...
Prête à tout pour prendre des photos non gâchées par des bouts d'intrus (bras, cheveux...), je me suis frayée un chemin tout devant, l'emplacement apparemment idéal pour entamer une collection de cadeaux
Ceci dit, avant de finir dans mes cheveux, le bandana multicolore a dû attendre un peu. Poussez-vous les bouts d'intrus : Justin Trudeau arrive pile poil à hauteur de mon appareil photos !!!

Étape n°4 : se laisser porter par l'ambiance du défilé
Le défilé avait à peine commencé à notre niveau qu'il s'est littéralement figé. Plus de cris, plus de musiques, plus de chorégraphies : les participants comme les spectateurs se sont tus pour rendre hommage aux victimes de l'attentat de Barcelone qui a eu lieu trois jours plus tôt.
Barcelone...
2014. Un délai. Un budget. Un objectif.
Est-ce qu'ils réussiront à communiquer en espagnol ou en anglais ?  à gérer leur budget ?
Est-ce qu'ils prévoiront assez en terme de quantité ?
Est-ce qu'ils s'associeront pour créer un repas équilibré ?
Pendant que nos élèves déambulaient dans les allées du marché de la Bocqueria à la recherches de mets pouvant composer notre pique-nique-dîner (déjeuner), assis à une terrasse sous le soleil de la Las Ramblas, entre professeurs, on s'est interrogés.
Une fois le délai écoulé, on les a retrouvés le sourire aux lèvres et les bras chargés. Du pain, du jambon espagnol, du fromage, des salades de fruit, de l'eau... et, dans leurs mains, le change (monnaie) qui leur restait. 
Je n'oublierai jamais leur sourire, si fiers d'avoir réussi le défi qu'on leur avait lancé. Je n'oublierai jamais le super pique-nique qu'on a dévoré, ni le fou rire qui l'a accompagné.
Montréal. 2017. Quand la minute de silence s'est écoulée, les applaudissements ont pris le relay. Je n'oublierai jamais ces applaudissements-là, s'intensifiant graduellement à la manière d'une ola. Je n'oublierai jamais ce que j'ai ressenti à ce moment précis : l'accélération des battements de mon cœur, les frissons. Les cris, la musique et les chorégraphies ont repris. De Barcelone à Montréal, je me sentais en vie.

Rouge, orange, jaune, vert, bleu, violet. Deux heures de défilé sur le thème des couleurs du drapeau, deux heures de costumes originaux (petite pensée pour le combo laisse-musolière sado-maso !), deux heures de joie, de partage et de tolérance. Même le soleil est sorti de sa cachette pour l'occasion. Tellement d'ailleurs que mon épaule a rougi pour la toute première fois de l'été. Oui, oui, le 20 août. Tout à fait.

Une fois le défilé terminé, j'étais bien. En plus de pouvoir checker (cocher) une case de plus sur ma to-do list Canada, je venais de réaliser à quel point j'étais loin d'être seule à concevoir un monde haut en couleurs où nos différences seraient perçues comme une force et non un fléau. 
Je me demande pourquoi, aux quatre coins du monde, les différences sont rejetées, pourquoi les hommes s'entêtent à bannir, à détruire et à tuer. À l'évidence leur combat est perdu d'avance car, face à leur ignorance, dans les rues de Montréal, nous étions des milliers.

art art art art

Posté par estelle_rousseau à 23:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 août 2017

J+435 : Pick your color

Arrivé à mi-incubation, le bébé franco-canadien n°1 de mes amis/famille d'accueil/colocs temporaires était censé montrer ses parties intimes sur la prochaine écographie. Pour partager la découverte de son sexe avec nous, ils nous ont invités chez eux le temps d'une soirée intitulée Pick your color (Choisis ta couleur). Team boy vs team girl (licornes et jumeaux exclus, on était prévenus !), on a même pu parier.
À notre arrivée, rose, bleu : un verre de la couleur associée au sexe parié nous attendait. Comme pour moi, c'était un p'tit gars, j'ai bu dans un verre bleu toute la soirée.

Pour découvrir le sexe de bébé-mangue (les applications comparant l'évolution du fœtus à des fruits et légumes, je trouve ça génial !), il a fallu patienter jusqu'au dessert car c'est l'intérieur du gâteau qui nous l'a révélé.
Tout était bien planifié : le médecin devait écrire le sexe sur un petit bout de papier, le glisser dans une enveloppe destinée à la pâtissière qui, exit les colorants artificiels, choisirait des fruits roses ou bleus. Quant à nous, on avait pour mission de porter toute notre attention sur la couleur des fruits en question.
En théorie, oui, tout était bien huilé. Mais c'était sans compter sur :
1. le médecin, qui a oublié de demander aux parents de fermer les yeux avant de passer furtivement sur les parties intimes de bébé, permettant ainsi à la maman d'apercevoir un indice laissant peu de place au doute;
2. les fruits, qui, au contact de la crème pâtissière, ont dégorgé. Une couche supérieure bleue, une couche inférieure rose. Mais... les parents avaient pourtant prévenus : pas de jumeaux en vue !???
Redoublement donc de concentration sur le fruit... des bleuets !!! Yeaaaah ! De quoi arborer fièrement mon verre bleu tout le reste de la soirée (oui, bon, ok, comme les trois quarts des invités...).
Non, la réalité ne correspond parfois pas tout à fait à ce que l'on avait prévu, mais ces chemins de traverse sont à l'origine de bons fous rires et de jolis souvenirs.

La mission, maintenant, ça va être de lui trouver un prénom. En tant que colocataire ayant assisté à ses premières divisions cellulaires, j'ai bien tenté de négocier au moins le choix du deuxième prénom... sans succès.
Bon, ceci dit, j'avoue que, au fond, peu importe le prénom qu'il portera, peu importe le sport qu'il pratiquera (avec un papa nageur et une maman judoka, le sujet fait débat), moi, j'ai vraiment hâte de pouvoir le prendre dans mes bras ce petit loulou-là.

art

Posté par estelle_rousseau à 23:47 - Commentaires [1] - Permalien [#]


09 août 2017

J+428 : T'as encore besoin de la cuisine de bain ?

Une bonne dizaine de visites plus tard, on l'avait enfin trouvée, notre perle rare.
Son emplacement, sa proximité des transports en commun, sa hauteur, sa luminosité, son espace, son rapport qualité/prix : j'aimais tout dans cet appartement. Tout sauf l'émail explosée/rouillée de sa baignoire qui, pourtant lavée, me laissait dubitative quand à la survie de mes orteils à chaque fois que j'y mettais les pieds. Forte heureusement, la proprio avait pour projet de la faire réémailler.

MERCREDI
Adieu donc baignoire hideuse, bonjour... intoxication nasale !
J'étais prévenue et pourtant : en rentrant dans l'appartement, - Pouaaah ! - ça sentait la migraine à plein nez.
C'est pas faute d'avoir envisagé aérer, mais, vue la chaleur humide à l'extérieur, l'odeur risquait surtout de macérer à l'intérieur.
Derrière la porte de la salle de bain, customisation totale façon Dexter : les murs et les meubles étaient entièrement recouverts d'un épais papier blanc, de quoi faire disparaître un cadavre sans laisser la moindre trace.
La baignoire, elle, était ma-gni-fi-que : blanche, lisse, propre. Au point de me donner envie de prendre un bon bain bien moussant. Sauf que, 48h de séchage étant requises, j'ai dû me contenter de la seule autre pièce avec une arrivée d'eau : la cuisine.
1. Serviette et gel douche posés sur le plan de travail à proximité, je m'apprêtais à enlever mon haut quand j'ai percuté que, contrairement à la fenêtre au-dessus de l'évier, la porte-fenêtre juste à côté ne disposait d'aucun store pour me cacher. Certes, l'appartement est au dernier niveau, mais j'avais plus qu'à prier pour que nos voisins de balcon ne soient pas soudainement en rade d'un ingrédient...
2. Tapis de bain au sol pour absorber toute l'eau que je risquais fortement de faire couler en voulant me rincer.
Bref, j'étais parée.
Nettoyage du haut, enfilage de pyjama, nettoyage du bas, enfilage de pyjama. Un petit coup d'œil rapide autour de moi et - boh - aucune inondation en vue. J'étais plutôt fière de moi sur ce coup-là. Ce petit bon dans l'enfance de ma mère n'était pas si pire finalement.

JEUDI
Désormais rodée, j'ai mis en place mon substitut de salle de bain en un tour de main. Niveau lavage, j'ai même gagné en rapidité. Non, vraiment, même par cette chaleur humide typique d'un vrai été montréalais, c'était pas si pire.
Et puis, autre avantage non négligeable, je faisais de sacrées économies :
- d'eau (un petit plus pour l'environnement)
- d'Hydro (Hydro-Québec, l'EDF local). Car, si l'eau froide est gratuite au Québec, ce n'est pas le cas de celle qui me transforme systématiquement en écrevisse.

VENDREDI
Le matin : j'étais en train de me laver les aisselles, prête à partir au travail, quand ma coloc', à peine levée, est entrée dans la cuisine pour déjeuner (petit déjeuner).
Le soir, ma coloc' : T'as encore besoin de la cuisine de bain ?
En 48h, y a pas à dire, on s'est vraiment bien adaptées à cette nouvelle fonctionnalité. Bon, ok, un peu trop, peut-être...

SAMEDI
Ce petit bon dans le passé était marrant un temps, mais, là, mes cheveux sont dégueu' et cette humidité... Aaaargh... Quand est-ce que le fils de la proprio vient faire les joints ??? Je suis tannée !!! (ou, en bon français métropolitain, Ça m'a saoulée/gonflée/gavée... Bref : RENDEZ-MOI MA SALLE DE BAINNN !)
Oh... et ben il suffisait de demander. Le fils de la proprio est venu dans la journée. Bon, certes, esthétiquement, c'est pas tout à fait un travail de pro, mais, point positif, dans 24h, les joints auront séché et, moi, je pourrai utiliser notre nouvelle baignoire.
En attendant, pour la soirée, la proprio nous a prêté les clés d'un appartement de la montée non loué. La pression et le rideau de douche avaient beau être absents, j'étais quand même refaite à l'idée de pouvoir laver ma tignasse dégueulasse.

DIMANCHE
- C'est bon ? Ça a séché ?
- Ouuuiiiiiiiii !

On se rend souvent compte du  confort  dans lequel on vit lorsqu'on le perd. Et ça vaut pour une baignoire aussi.
L'eau chaude à forte pression sur l'ensemble de mon corps en rentrant d'une bonne journée de travail, l'ambiance digne d'un sauna, l'odeur du savon et du shampooing diffusée dans toute la salle de bain... et surtout, la sérénité quant à la santé de mes orteils... Bref, le pied !

art

Posté par estelle_rousseau à 23:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 août 2017

J+421 : Heu... YMCA, comme la chanson ?

Lundi 6 juin 2017, après 1h30 d'entrevue et de tests de français et d'anglais écrits et oraux :
"Ce que je vais faire c'est très rare, mais je vous offre l'emploi. Si vous voulez le poste, il est à vous."

Sous le choc, j'ai littéralement beugué. Toutes les offres que j'ai épluchées, toutes les candidatures que j'ai envoyées, tous les rejets (notamment pour cause de non nationalité) que j'ai affrontés se sont entrechoqués dans mon cerveau. Et là... Une offre. Une candidature. Une entrevue. Un emploi !
Non, c'est sûr, mon cerveau ne réalisait pas. Pourtant, je ne rêvais pas : à la veille de mon premier Canadanniversaire, le poste permanent à temps plein dans ma voie que j'attendais depuis si longtemps venait de m'être offert sur un plateau d'argent.

Une fois remise de mes émotions, le moment est venu d'annoncer la bonne nouvelle à ma famille et à mes amis. De l'autre côté de l'océan, à un ou deux mots près, j'ai systématiquement eu droit à la même réaction (parfois même avec la chorégraphie associée) : "Heu... YMCA, comme la chanson ?".
Oui. Ou presque.

Exit les icônes gays déguisés en personnages de Toy Story, le YMCA (Young Men's Christian Association) est un organisme communautaire créé en Angleterre en 1844 qui proposait, à l'origine, des activités sportives et religieuses aux jeunes hommes.
De formation en formation, j'ai découvert à quel point, depuis son implantation à Montréal en 1851, son champ d'action s'est élargi. Au-delà des gros complexes sportifs, le YMCA c'est aujourd'hui aussi :
- des programmes pour les enfants (garderie, aide aux devoirs, camps d'été...)
- des programmes pour les ados (ateliers, soutien scolaire, échanges culturels...)
- des programmes pour la communauté (activités pour les aînés, travaux compensatoires, résidence pour les réfugiés...)
et...
- une école internationale de langues.
De formation en formation, j'ai réalisé à quel point - Wow! - je venais de mettre les pieds dans un immense océan.

Le lieu que je préfère, c'est la salle de jeux à l'entrée. Quand je rentre (au Québec, on rentre au travail le matin et on quitte le soir), elle est peuplée de papys-mamies. Ping-pong, billard... leur énergie est digne de celle de mon papy. Quand je quitte en fin d'après-midi, les rides et les crânes dégarnis ont cédé la place aux boutons et aux hormones en pleine ébullition. À se demander s'ils ont rajeunis dans la journée ou vieilli dans la nuit. Les semaines ont beau défiler, à chaque fois que je passe devant cette salle, je souris. Des fois, je me demande ce qu'il se passerait, ce qu'ils se raconteraient si, dans la journée, ils venaient à se côtoyer. Je suis sure que le YMCA aussi y a déjà songé et l'a même déjà tenté...
Quand les portes de l'ascenseur s'ouvrent sur le 5ème étage, comme les étudiants, les professeurs et les membres de l'équipe administrative viennent du monde entier, - français, anglais, espagnol, portugais, chinois, japonais, italien... - les conversations fusent dans toutes les langues. Le contexte rêvé pour maintenir mon niveau d'anglais, réviser mon italien et enfin réaliser l'un de mes plus grands rêves objectifs : prendre des cours d'espagnol.

"Pourquoi est-ce que je devrais vous choisir vous?"
Mes études en langues étrangères, mon expérience de prof, mes nombreuses expériences en service à la clientèle, ma visite médicale et toutes les embûches qui ont suivi pour lever l'interdiction de travailler avec des enfants sur mon visa, mes expériences de bénévolat et de récoltes de fonds : toutes, absolument toutes mes expériences (pourtant si variées et, en apparence, non liées), tous mes combats se sont alignés pour faire sens ici et me donner les cartes nécessaires pour devenir LA personne à engager.

Petite, je rêvais d'être maîtresse enseignante (le mot "maîtresse" ne désigne pas véritablement une vocation professionnelle par icitte !). Adolescente, je me voyais prof d'anglais. Étudiante, c'est traductrice que je visais. Je voulais étudier aux États-Unis, faire un stage en Italie, du bénévolat à Bali. Je voulais m'installer au Canada, travailler pour UNIS, rejoindre l'équipe du YMCA. À 28 ans, à force de travail, de patience et d'acharnement, toutes mes ambitions professionnelles passées sont devenues réalité. Toutes. Sans exception.

Puisque tous les rêves sont réalisables, alors, un jour, sur ma carte d'affaires (carte de visite), c'est le logo de l'Unicef que l'on verra. Et ce rêve-là, c'est mon expérience au YMCA qui m'y conduira.

art

Posté par estelle_rousseau à 23:39 - Commentaires [6] - Permalien [#]

26 juillet 2017

J+414 : Le marathon du rire

Juste Pour Rire. LE festival que j'attendais. De retour là où tout a réellement commencé. Et, cette année, mon badge de bénévole, j'avais bien l'intention d'en profiter. La programmation était aimantée sur mon frigo, les artistes que j'avais repérés entourés et leurs dates de spectacle ajoutées. Bref... j'étais parée !

SEMAINE N°1
LUNDI

Direction le festival dès la sortie du travail. Même partenaire de crime, même camion de poutine que l'an passé. Seul le spectacle a changé. Après le MozART group en avant-première la semaine précédente, Le Siffleur : un spectacle présenté comme une initiation à la musique sifflée. Interventions humoristiques et participation du public demandée (Oh mon Dieu ! Je sais pas siffler !). Vêtu de son costume trois pièces-queue de pie, Fred Radix est un siffleur/acteur/chanteur/danseur vivement recommandé !
En sortant, direction la scène Vidéotron pour assister au show des Village People. Maintenant que je travaille pour le YMCA, il était inconcevable de passer à côté d'une version en chair et en os de la chanson du même nom. Allez, tous en chœur : It's fun to stay at the Y, M, C, A...

MARDI
Grâce à mon statut de bénévole et ma super addiction aux réseaux sociaux réactivité, j'ai obtenu deux places pour assisté au Gala Engagés. Présenté par Laurent Paquin (humoriste québécois) et Jean-Luc Lemoine (humoriste français), les sketchs se sont enchaînés sur des thèmes variés avec, entres autres, Anthony Kavanagh comme invité.
Environnement, politique, féminisme, terrorisme : aucun sujet n'a été épargné. En ressortant de la salle Wilfried Pelletier, j'avais des abdos en béton armé... et l'estomac affamé !
Après une initiation aux frites de pois chiches (jolie découverte), je suis allée déguster ma glace crème glacée devant la scène Vidéotron où se produisait Mado Lamotte (une drag queen très célèbre à Montréal).

MERCREDI
Au réveil, j'étais super en forme pour une marmotte rentrée tard/levée tôt deux soirs de suite en pleine période de formation. Exit la vitamine D, il faudrait recommander le rire pour prévenir les coups de mou...
19h. Katherine Levac. Rodage. Le jour, l'heure, l'artiste et le spectacle que j'attendais avec impatience. Je savais qu'il était complet, mais prête à tout (y compris à rester debout tout au fond de la salle). Alors, badge de bénévole en mains, j'ai pris place dans la file d'attente... en vain. Ooooh... Trop triste, j'ai remanié mon calendrier hebdomadaire de spectacles et opté, deux portes plus loin, pour le Best of d'Éric Antoine... comme mon ancien élève boucher installé depuis quelques semaines à Montréal. C'est fou ce que le monde Montréal est petite !
À peine installés tout en haut/au fond de la salle que, pour combler les trous, on nous a vivement invités à nous rapprocher. Sérieux ?! Boh, inutile de me le répéter deux fois : troisième rangée me voilà !!! Si j'avais déjà vu la plupart des numéros au festival l'an passé, l'avantage d'avoir été aussi près cette année c'est que j'ai pu repartir avec la carte tombée à mes pieds (bonjour la groupie du pianiste de l'humoriste !) : l'as de carreau. Promotion... bonne nouvelle... rentrée imminente d'argent... aboutissement d'un projet... Y a pas à dire, j'ai bien fait de l'embarquer avec moi cette petite carte.

JEUDI
Comme le jeudi soir j'ai commencé les cours d'espagnol (travailler à l'école internationale de langues du YMCA a quelques avantages), impossible de me dédoubler : j'ai snobé le festival. Et, en même temps, tant mieux car la thérapie par le rire a ses limites. En entendant la sonnerie de mon portable au réveil, - awww... - la marmotte que je suis n'avait qu'une envie : enfuir sa tête sous la couette. En même temps, vues les températures du mois de juillet, c'est pas vraiment l'été donc, techniquement, j'ai le droit d'hiberner...

VENDREDI
Hum... et si on commandait un pichet de sangria et une assiette de nachos pour fêter l'arrivée du weekend de la fin de semaine avant d'assister au spectacle Rêveurs définitifs au Théâtre St-Denis ? Perso, je dis oui, oui, oui !
C'est donc le ventre bien rempli que nous avons assisté à un spectacle mélangeant magie traditionnelle, cirque, danse, musique et arts plastiques. Je ne sais pas si c'était la fatigue, la sangria ou tout simplement la mise en scène, mais les illusions étaient juste... Ouaouuuh !

SAMEDI
Et c'est parti pour le premier jour de mon weekend bénévolat... ou pas ! Le problème quand on agit comme si rien ne pouvait nous arrêter, c'est que notre corps finit par nous le faire payer. Phénomène qui est récemment devenu chez moi une spécialité. Du coup, obligée d'annuler. Plutôt que de risquer de m'écrouler sous la chaleur étouffante (oui, il fait enfin occasionnellement chaud à Montréal !) de la journée, j'ai passé l'après-midi dans mon lit, rideaux tirés, à tenter de récupérer touuutes les heures de sommeil que j'ai récemment plus-que-snobées.

DIMANCHE
Si la fatigue était toujours là, j'ai décrété que, cette fois, je n'y couperais pas. Mon T-shirt orange criard et mon badge (me permettant d'assister gratuitement à la quasi-totalité des spectacles proposés dans le cadre du festival), il fallait les mériter. Je les ai donc enfilés et je suis allée travailler.
Histoire de finir ma semaine marathon du rire en beauté, j'ai assisté au Gala Sketchs. Les Frenchies étaient prévenus dès le début : ce soir-là, seuls des humoristes canadiens étaient prévus. L'avantage c'est que j'ai pu 1-voir Katherine Levac en chair et en os le temps d'un sketch ou deux, 2-constater à quel point, en matière de québécois, j'ai relativement bien progressé. Allez, encore un an et je peux suivre les 4h de spectacle de Jean-Marc Parent les doigts dans le nez !

SEMAINE N°2
Mon corps ayant imposé son droit de veto après une première semaine à fond les ballons, exit les one man shows en anglais, la deuxième semaine, j'ai surtout officiellement entamé un marathon-hibernation.

art

Posté par estelle_rousseau à 23:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 juillet 2017

J+407 : Bienvenue au royaume des divas

Après quelques calculs mathématiques savants, tu réalises qu'en ayant eu tes règles un mois pile poil avant tes 12 ans et en étant aujourd'hui âgée de 28 ans (Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie !), tu as donc passé plus de la moitié de ta vie à apprendre à composer avec les pics hormonaux et les douleurs à te clouer au lit.
À défaut de pouvoir contrer la nature et sachant qu'il te reste encore quelques années à galérer avant d'être libérée, tu essaies de la maîtriser. Au fil des années, serviettes, tampons, tu as tout testé. Entre l'impression de marcher avec une couche et l'angoisse à l'idée que ta ficelle de tampon dépasse de ton maillot de bain, tu élargirais bien ton champ des possibilités. Et ça tombe plutôt bien car il existe une option très répandue parmi les dames de la ville que tu as choisie : la Diva Cup (ou coupe menstruelle).
En cette période de festival du rire, le moment est donc approprié d'aborder avec une touche d'humour mes premiers pas au club royaume des divas.

L'achat
Aaaah, la Diva Cup ! De plus en plus flippée à l'idée de chopper un staphylocoque doré et de finir amputée, tu envisages l'idée de la tester. Mais, pour ça, il faudrait déjà la trouver ! Les chances étant, à priori, réduites dans une épicerie, tu te rends dans une pharmacie (en Amérique du Nord, les "pharmacies" vendent aussi des produits d'hygiène et de beauté). En toute logique, tu te diriges vers le rayon serviettes/tampons. Hum... ? Oui, alors, apparemment, la logique est une notion propre à chacun ! Tu te rabats ensuite sur le rayon tests de grossesse/condoms (préservatifs). Nope. Toujours pas. Finalement, après avoir arpenté les rayons de plusieurs pharmacies, tu finis par en trouver une qui - Oh, miracle ! - partage ta logique. Et, en termes de taille, tu as même le choix car, sur l'étagère tout en haut, deux modèles s'offrent à toi. Le n°2, plus grand/gros, étant destiné aux femmes de plus de 30 ans et/ou à celles qui ont accouché, tu attrapes le modèle n°1. 
Une fois en caisse, improbable, mais vrai, de tous tes achats, c'est la cup qui prend le monopole de la conversation :
- Oooh ! Les Diva cups sont en promo ?
- Oui. Du coup, on s'est dits que c'était l'occasion de tester.
- Vous allez voir, c'est merveilleux. (...) Bon essayage !
Heu... Merci... ???

L'insertion
Oh shit! En voyant la taille et la forme de l'objet du monstre, tu te rappelles soudain pourquoi tu as mis si longtemps à te décider. Pour t'auto-rassurer, tu te dis que la tête d'un bébé est censée pouvoir passer. Petit guide d'utilisation en main, tu focalises toute ton attention sur la marche à suivre :
Étape n°1 : Plier
La figure n°2 te semble bien compliquée. Moui, bon, inutile de se compliquer la tâche, tu optes pour la figure n°1.
Étape n°2 : Tenir la coupe
C'est le moment que ton cerveau choisit pour te remémorer l'anecdote Diva-glissante-volante d'une copine. Du coup, tu commences à paniquer - Si le monstre en silicone me glisse des mains, c'est dans la cuvette des toilettes qu'il va tomber ! - et tes doigts se resserrent autour de ta cup, quitte à la boyer.
Étape n°3 : Insérer
Détendez vos muscles vaginaux.
La voix de ta gynécologue tourne soudain en boucle dans ta tête. C'est teeellement plus facile à dire qu'à faire !
Moyennement sereine, tu repenses à tes cours de yoga balinais. Après tout, rien de tel qu'un exercice de relaxation en mode Inspirez... Expirez... pour se détendre. Inspirez... Expirez... C'est bon, Madame la cup, t'est insérée ?
Étape n°4 : Tourner
Tourner ? À 360° ??? Nan mais ils veulent m'achever !!!
Ouuuch! Nan mais comment tu veux faire faire un tour complet à une cup ventousée sans endommager au passage tes parois vaginales de façon irrémédiable ???
Dernière vérification : tu appuies sur la cup pour vérifier qu'elle est bien placée et qu'elle ne risque pas de déborder. Bien placée, bien placée... vue comme tu la sens en te relevant, tu commences à douter de la technique de la rotation à 360°...

Le retrait
Comme, à priori, ça ne te semble pas très compliqué - si tu as réussi à l'insérer, tu dois pouvoir la retirer - tu t'abstiens de lire le petit guide d'utilisateur et, très vite, tu réalises à quel point c'était une erreur.
Awww... elle est passée où ? Oh mon Dieu ! Elle a disparu !!!
Passé le pic de panique, tu pars en exploration et tu retrouves ta cup nichée tout en haut ! Heureusement qu'un vagin ne dépasse pas les 8-10 cm de profondeur !!! T'aurais l'air malin avec tes doigts de lilliputien !
Tu tentes tant bien que mal de la rattraper en la pinçant du bout des ongles et réalises au passage à quel point - Aïïïe ! - la mention "ongles ultra courts" devrait être préconisée dans leur petit bouquin. 
Prête à céder de nouveau à la panique, tu laisses à ton imagination le soin de trouver une méthode efficace pour sortir cette ostie de crisse de calice de p****n de cup à deux doigts de me mettre en tabarnaaak !!! ("rendre dingue", mais version grossier)
Inspirez... Expirez... Inspirez... Expirez...
Comme les seules images qui te viennent sont tirées de reportages sur l'accouchement, tu commences à Poussez, Madame. LA technique apparemment imparable pour la faire glisser, avec un joli petit shooter pour Dracula à la clé. Hum... appétissant !

Le bilan
Honnêtement, au début, la cup, c'est surtout merveilleusement... déstabilisant ! Et puis, après plusieurs jours, tu deviens une pro tu fais des progrès (n'exagérons rien) en retrait/insertion et tu finis même par trouver de nombreux avantages à ton nouvel investissement :
1. réutilisable, la cup permet de préserver l'environnement et ton compte bancaire en même temps;
2. contrairement aux serviettes et aux tampons, tu prends conscience de la quantité de sang que tu perds vraiment;
3. exit les angoisses car, même lorsque le seul pantalon propre qu'il te reste est blanc, si elle est bien insérée, aucune fuite ne peut venir t'importuner;
4. pas besoin de la retirer dans les toilettes du travail (où tu es déjà assez stressée à l'idée que l'on t'entende pisser !) au risque de la faire tomber ou de ressortir les doigts ensanglantés : elle tient toute la journée !
5. si, un jour, au détour d'une contraction, on te demande de Poussez, Madame, tu seras plus que bien rodée.
En résumé, oui, au début, clairement, la cup, c'est déstabilisant. Mais, avec le temps (et l'entraînement), il y a de fortes chances pour que, moi aussi, sous peu, je trouve ça merveilleux...

art

Posté par estelle_rousseau à 23:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 juillet 2017

J+400 : C'est quoi ce cirque ?

Ma coloc', il y a un mois :
- OH MON DIEU est-ce que ça t'intéresse d'aller voir Volta le 7 juillet à 20h à moitié prix ???
- Sérieux ??? Aaaaaaaaaaah !
Le temps de reprendre mes esprits, évidemment, j'ai répondu OUI !

Le 7 juillet dernier, nous voilà donc parties en direction du Vieux-Port sous un ciel assorti au chapiteau : blanc et gris. Passés les beaux gosses de la sécurité, jubilation totale : j'étais à quelques mètres de cocher une nouvelle case sur ma to-do list Canada : assister à un spectacle du Cirque du soleil.
Chanteurs, musiciens, acrobates, mise en scène de show télévisé et numéro de corde à sauter en vitesse ultra accélérée : le spectacle avait pourtant bien commencé. Mais, rendue à l'entracte, j'étais pommée. Impossible de comprendre le fil conducteur et donc impossible d'embarquer vraiment dans l'enchaînement des numéros. Heureusement que la collègue de ma coloc' était là pour me l'expliquer ! D'ailleurs, elle l'avait tellement bien compris que... Hum... c'est toi l'a écrit !?
En sortant, malgré ses explications oh-combien-utiles pour suivre la deuxième partie, j'étais mitigée. Bien sûr, quand la dame accrochée à une corde par son chignon a commencé à tourner aussi vite qu'une toupie à plusieurs mètres du sol, j'avais le souffle coupé. Mais, honnêtement, si j'ai vraiment accroché sur les musiques, les jeux de lumières et les petits soucis de laveuse (machine à laver) du clown, vues la réputation et les reportages que j'avais vus sur le Cirque du soleil, je m'attendais à être éblouie par tous les numéros. Pas juste deux ou trois.
Résultat, aujourd'hui, ma to-do list Canada ressemble un peu à ça : 
☑ assister à un spectacle du Cirque du soleil
☐ assister à un deuxième spectacle du Cirque du soleil pour vraiment pouvoir me faire une idée.

Tant qu'à plonger dans l'univers du cirque, autant le faire à fond et assister, dans la même semaine, aux animations acrobatiques à ciel ouvert du festival Montréal Complètement Cirque.
Des animations, il y en avait dans les rues du centre ville (comme le spectacle Rouge dans le parc Émilie Gamelin) et dans le métro aussi. En route pour le travail, les yeux encore endormis, un Schtroumpf... deux Schtroumpfs... j'ai d'abord cru que j'hallucinais. Mais non. Pas du tout. Sur le quai du métro, il y avait bien toute une armada d'hommes, de femmes et d'enfants peinturlurés en bleu du sommet du crâne à la pointe des orteils, immobiles façon statues. Heu ??? Le temps de descendre les escaliers, nouveau quai, nouvelle ligne, d'autres bonhommes sont descendus du métro juste devant moi... peinturlurés en rose Barbie, cette fois ! Et apparemment, il existait aussi deux autres versions : jaune poussin et Géant vert.
Nan mais... c'est quoi ce cirque, Montréal ?

art art art

Posté par estelle_rousseau à 23:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 juillet 2017

J+393 : Canada 150

Autant la St Jean est fêtée en grandes pompes avec défilé, concert retransmis à la télé et animations à fond les ballons, autant la fête nationale du Canada... Boh ! Si tu tiens vraiment à la célébrer, il n'y a qu'un seul endroit où aller : le Vieux Port. 
Direction le Vieux Port, donc, bottes de pluie aux pieds. Enfin... bottes de pluie, baskets ou tongs, ça dépend à quel moment de la journée tu as franchi ta porte d'entrée. Car, à l'instar du concert de la fête nationale du Québec, le 1er juillet n'a pas non plus échappé à la tendance météorologique de l'année. Idéales pour marcher dans la boue ou rester au sec malgré les trombes d'eau, les bottes de pluie deviennent tout de suite beaucoup plus encombrantes à porter lorsque le soleil entame une petite percée et que tes pieds commencent à transpirer, et donc à glisser. 
Atelier de maquillage, de nœuds marins, etc. Le stand que tu préfères, toi, c'est celui qui distribue des petits drapeaux et des stickers aux couleurs du Canada. C'est l'occasion d'entamer une petite collection à ramener à la maison et d'apprendre l'hymne national en anglais et en français, s'il vous plaît ! Allez, tous en chœur (histoire de faciliter le retour de la pluie !) : Ô Canadaaa, terre de nos aïeuuux...
Ce que je retiens de cette journée fériée (à part la quantité de familles de sortie !), c'est le magnifique bateau à voiles tout droit sorti de Pirates des Caraïbes. Ouaouuuh !!! Le bateau et les feux d'artifices. Pour lesquels on est partis en retard, d'ailleurs. Résultat : le ciel a commencé à s'embraser biiien avant que l'on atteigne notre destination. Du coup, on s'est arrêtés dans notre élan, loin des rives du St Laurent. Et, honnêtement, j'avoue que les feux d'artifices multicolores en arrière du pont Jacques Cartier, c'était vraiment canon ! Le festival de l'Internationale des feux Loto-Québec est officiellement lancé. Le mois de juillet va envoyer du pâté !

Le 1er juillet, c'est aussi la date à laquelle la plupart des gens déménagent. Sérieux, il doit y avoir une mafia du bail à Montréal...
Qui dit déménagement, dit tri, dit rue envahies façon marché à ciel ouvert gratuit. Et quand tu viens d'emménager dans un appartement à meubler, ça devient intéressant. Bon, cela dit, il faut tout de même rester vigilent car les punaises de lit c'est un fléau courant de ce côté-ci de l'océan.
Et niveau trouvailles, il y en a pour tous les goûts. Si ta coloc' (fan d'Harry Potter) revient tout sourire d'être tombée sur le dernier livre de J.K. Rowling, toi, tu es ravie d'avoir trouvé un... manche à balai-serpillère ! Oui, comme je disais, il y en a pour tous les goûts... vraiment pour tous les goûts !

art art

Posté par estelle_rousseau à 23:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]

28 juin 2017

J+386 : Bonne fête, Jean

23 juin
Apparemment, le mois de mai n'a pas suffit : fin juin, la pluie s'invite encore régulièrement à Montréal. Et le concert de la fête nationale du Québec n'a pas échappé à la tendance météorologique de l'été : les trombes d'eau aussi étaient de la partie. 
Nouvelle année, nouveaux artistes. La Bronze mise à part (pour l'avoir découverte à la manif' des femmes), je n'en connaissais aucun.
Ce qui est marrant avec les chanteurs québécois, c'est que - style vestimentaire, gestuelle, coiffure, voix - ils ont tous un cousin-équivalent de l'autre côté de l'océan. Après Johnny Hallyday l'an dernier, on a eu droit au Julien Doré québécois cette année et à la voix d'Eddy Mitchell couplée à la chevelure de Pierre Perret. Vu comme les spectateurs maîtrisaient ses chansons sur le bout des doigts, il semblerait que Pierre-Eddy (Robert Charlebois) soit une institution par ici...
Puis, tout à coup, changement de décor, changement de chanson : des dizaines de petites feuilles de cannabis ont fait leur apparition sur le grand écran tout au fond, se raccordant parfaitement avec le titre de la chanson (Ô Cannabis). Une chanson prônant la consommation de cannabis avec un titre ressemblant étrangement à celui de l'hymne national canadien (Ô Canada), y a pas à dire, c'est un petit coquin ce Monsieur Charlebois ! 

24 juin
Pour moi, cette année, pas de défilé, ni de fête de quartier. Mon déménagement, initialement prévu au 1er juillet, ayant été avancé, mon activité principale de la journée aura été de faire mes valises.
Une fois ma montagne de sacs, boîtes et valises bien entassée dans un coin façon tétris, direction la terrasse de mes amis pour un barbecue. Dans un décor de briques et de palettes, sur fond de musique d'un concert joué dans un parc à proximité, à moi les saucisses, les merguez, les légumes grillés et la super soirée posée !
Pas non plus de photos touristiques par milliers. Pour moi, la fête nationale du Québec a un petit goût d'intégration, cette année.

art

Posté par estelle_rousseau à 23:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]

21 juin 2017

J+379 : Ce que j'aime chez toi

Je me souviens encore de la toute première fois où, fraîchement débarquée à Montréal, je suis allée faire l'épicerie (faire les courses). Il me fallait de quoi souper (dîner) et de quoi remplir mon bol au déjeuner (petit déjeuner). Je me souviens encore de mon état de décomposition à la vue du prix de produits du quotidien comme la mozzarella et le jambon, du paquet de pâtes et du pot de sauce tomate dans mes bras et de mon désarroi en sortant : mais comment je vais faire pour survivre pendant deux ans ???

On me demande parfois ce qui me manque le plus icitte. Si, actuellement, mon rêve absolu serait d'acheter du pain, du vin et du fromage avec un billet de 10€ (15$) et de revenir avec du change (de la monnaie), honnêtement, je ne suis en manque de rien. Au contraire, un an plus tard, je ne survis pas, je vis. Plutôt bien, même, d'ailleurs. Au plus grand bonheur de mon estomac (et de mon portefeuilles). Car, au-delà du fait que tout se trouve sur l'île de Montréal et que (moyennant un emprunt !) je pourrais manger de la baguette et du fromage de Savoie à chaque repas, j'ai appris à surfer sur les trois règles de base en matière d'alimentation à Montréal :
1. manger local
2. acheter en spécial
3. diversifier ses points d'achat.

Manger local
Si, au début, quelque soit le prix du jambon, tu t'entêtes à en acheter, très vite, tu ralentis drastiquement ta consommation. Puis, avec le temps, tu t'arranges pour lui trouver un remplaçant. Et tu fais de même avec de nombreux autres aliments. Exit donc le jambon blanc, l'emmental râpé, la baguette et le Kiri, dans ton frigo, il y a désormais du bacon, du cheddar en bloc, des bagels et du Philadelphia.

Acheter en spécial
Toutes les semaines, les magasins sortent une nouvelle circulaire (un catalogue) avec des promos à gogo. IGA, Métro. Un près de toi, l'autre près du boulot, ton choix s'oriente clairement en fonction des promos. Celles sur le yaourt et le chocolat noir surtout. Sans compter Pharmaprix et Jean Coutu qui, non spécialisés dans l'alimentation à l'origine, cassent leurs prix comme c'est limite pas permis. Et quand les spéciaux valent vraiment le coup, tu remplis ton panier et - bénie soit l'invention du congélateur !- tu t'affères derrière les fourneaux.

Diversifier ses points d'achat
Au fil des mois, tu réalises aussi à quel point, à moins de tomber sur de grosses promos, tu peux trouver des produits artisanaux moins chers que des produits industriels dans de nombreuses petites épiceries où tu n'as jusqu'alors jamais osé entrer. Grâce à ce concept, il y a désormais toujours chez toi des olives et de la feta en-veux-tu,-en-voilà.

On me demande parfois ce qui me manque le plus icitte.
Et si, pour une fois, on abordait ce qui me manquerait au quotidien si, à la fin de mon visa, je rentrais en Savoie ?
☑ comparer les circulaires à la recherche des meilleurs spéciaux
☑ déambuler dans les allées du Marché Jean Talon
☑ remplir mes sacs de fruits et légumes pour 15$ à tout péter
☑ pousser la porte de tout un tas de petits commerces à la recherche de produits indispensables à mon estomac
jaser (discuter) avec les commerçants qui me reconnaissent maintenant systématiquement
☑ ne pas être taxée sur les produits de première nécessité
☑ percevoir un salaire aux deux semaines
☑ être prélevée en charges à la source (puis être remboursée par le gouvernement à coup de quelques zéros)
☑ voir les usagers du métro se décaler sur les côtés pour laisser sortir la foule de passagers avant de s'engouffrer
☑ admirer les files indiennes se former à l'arrêt de bus comme au resto
☑ regarder la ville s'animer, hiver comme été, avec ses festivals et ses patinoires
☑ contempler les enfants qui, suivant les saisons, font du hockey ou du vélo dans les ruelles en arrière des maisons
☑ ...

Oui, c'est sûr, si je quittais Montréal demain, c'est tout un quotidien qui prendrait fin.

art

Posté par estelle_rousseau à 23:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 juin 2017

J+372 : La saison des festivals est officiellement lancée

À l'approche du mois de juin, pour s'assurer de ne rater aucun évènement, il est recommandé de se munir d'un calendrier car les festivals (gratuits, gratuits, GRATUITS !) ont tendance à s'enchaîner voire même, à l'image du lancement des festivités, à se cumuler.
Et c'est parti pour une semaine de folie avec, au programme, de la musique, de la peinture et des voitures.

1. Les Francofolies
Tellement occupée à surligner les noms que tu connais, tu passes à côté de la case "programmation surprise" perdue au milieu de tout un tas de grands noms. Erreur. Grave erreur ! Résultat : quelques jours plus tard, c'est une fois rentrée, douchée, en pyjama que tu découvres, 20 minutes avant le début du concert (alors que tu habites à plus de 30 minutes de métro de la Place des arts) que l'artiste surprise n'est autre que... JULIEN DORÉ !!! À ce moment-là, c'est dans une boîte à mouchoirs XXL qu'il est recommandé d'investir... parce qu'il ne te reste plus que tes yeux pour pleurer !
À l'instar des festivals, les artistes francophones s'enchaînent sur les scènes. C'est l'occasion de découvrir des chanteurs québécois inconnus au bataillon et de voir en chair et en os la prestance sur scène (et la jolie tenue) de Zaho tout en remuant ton popotin sur Laisse les kouma ou de tomber en amour avec Vianney. Je m'en vais... Hum, si tu t'en vas, je peux venir avec toi ?
Quand à TRYO... Oh my God! TRYO !!! C'est tous tes souvenirs de lycéenne qui remontent en un instant. Presque tout devant, tu pourrais limite penser que tu assistes à un concert privé, en toute intimité. Et pourtant... En te retournant, tu réalises que c'est la Place des arts toute entière qui est bondée ! Et l'ambiance ? Un truc de (quelques milliers de) fouuus ! Allez, tous en cœur : c'est l'hymne de nos campagnes, de nos rivières, de nos montagnes, de la vie man, du monde animaaal... Crie-le bien fort, Use tes cordes vocales !
Au final, seule ombre au tableau : le concert d'IAM. Déjà, le public est différent. Toi, tu t'attends surtout à des Français dans les 30 ans. Mais, en fait, pas du tout. Devant toi, par exemple, il y a des jeunes racailles en devenir québécoises : débardeur XXL de basketteur, bandeau frontal de joueur de tennis et - le détail qui te donne envie de prendre un fou rire - langage des cités ponctué de nombreux tabarnaks avec un accent à couper au couteau. Pis, exit l'espace pour circuler/respirer auquel les concerts montréalais t'ont habituée : tu te retrouves littéralement coincée. Devant, des grands, à gauche, des grands, à droite... des grands. Heu... les gars, les OGM dans le biberon c'était peut-être pas une nécessité... ! Et histoire de réduire à néant toute chance pour toi de prendre des photos, avant même que les membres du groupe ne fassent leur entrée sur scène, vas-y que les racailloux du tier-quar de Montréal-City lèvent déjà tous les bras. Aaaaaarg ! Tu pourrais-tu me baisser ces bras genre là, maintenant, tout de suite ? Avec le taux d'humidité qu'il fait, en plus ! Tu veux m'achever, c'est ça ?
En parlant de décéder... foule ultra serrée et fort taux d'humidité, il n'en fallait pas plus à Madame Claustrophobie pour venir te hanter. Et, dans ces moments-là, les sonorités agressives du rap ne sont absolument pas conseillées pour essayer de te calmer ! Complètement bloquée, tu tentes à coups de coudes et de sac-à-dos de t'échapper te frayer un chemin vers la sortie. Quand tu te crois enfin au bout de tes peines - BAAAM ! - un mec bourré (marejuané ?) se jette sur un autre spectateur juste sous ton nez pour le frapper. Oh boy! Sortez-moi de là !!! Je vais hyperventiler !!!
Le pire, dans tout ça, c'est qu'à quelques mètres de toi, de nombreuses personnes ont assisté au concert en toute tranquillité, dans l'espace et la zen attitude de rigueur, en général, à Montréal.
Mais qu'est-ce qui vous a pris, ta coloc' et toi, d'aller vous mettre tout devant ???

2. MURAL
Définitivement l'un de mes festivals préférés à Montréal !
Tout plein d'artistes venus du monde entier pour recouvrir les murs du Boulevard St Laurent d'œuvres d'art sous le regard captivé des passants pendant dix jours. À la bombe, au pinceau. Des paysages, des visages. Il y en a pour tous les styles et pour tous les goûts. De quoi vous ravir, toi et ton appareil photo.
Et, au détour d'un croisement, un bus en pleine customisation. En regardant l'artiste, tu hésites un instant. Il aurait autant changé en dix ans ? Tu jettes un coup d'œil à sa signature. LSNR. Cette fois, plus aucun doute : l'homme accroupi à quelques mètres était bien au lycée avec toi. C'est fou ce que Montréal la Terre est petite !

3. Le Grand Prix
Une casquette, des lunettes de soleil et, dans la main, une glacière : l'uniforme indispensable de tout spectateur du Grand Prix qui se respecte. Les spectateurs dans le métro, c'est d'ailleurs tout ce que tu verras du Grand Prix. Pourquoi ? Parce que les billets ont, eux aussi, un grand prix !
À la place, tu arpentes les rues du Vieux Montréal à la recherche d'une exposition de belles voitures, du genre de celle que tu as vue l'an dernier. Finalement, au détour d'un croisement, c'est à une "collection" de voitures de police que tu as droit. Hum... bizarre. Intrigués, tes yeux remontent la file parquée (garée) le long de la rue pavée. Si tu ne sais pas qui les policiers ont pour mission de protéger, tu as, en revanche, un petit indice sur son capital financier car, devant le restaurant, il y a aussi. une... Lamborghini ! Rouge, flamboyante, sans salissure, ni rayure. Ouaouh ! Une fois que tu arrêtes de la mitrailler sous toutes les coutures, tu ne peux t'empêcher de te demander l'intérêt d'investir dans un char si ras du sol dans une ville aux rues aussi maganées (abîmées) que Montréal. Boh, après tout, si le propriétaire a les moyens de se payer un tel joujou, il doit aussi pouvoir assurer son entretien haut la main... 
Heu... Bonjour, Monsieur le policier. Dites, vous serait-il possible de me communiquer son numéro ?

art art art

Posté par estelle_rousseau à 23:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 juin 2017

J+365 : 1er Canadanniversaire

7 juin 2016 - 7 juin 2017 : un an déjà !

Et quelle année !
Joie, extase, émerveillement, désillusion, repli sur soi, angoisse, dépression, lâcher prise, espoir, accomplissement, épanouissement : en un an, le tourbillon des émotions typiques des quatre phases de l'immigration ne m'a pas épargée.

On me regarde souvent avec des grands yeux écarquillés lorsque, à la question "Tu es venue toute seule ?", je réponds "Oui.". Courageuse ou complètement cinglée, leur regard est mitigé. De mon côté, après l'année qui vient de s'écouler, je pense qu'il faut être un peu des deux pour tout plaquer sans trop savoir ce qui nous attend de l'autre côté de l'océan car l'immigration est violente. Elle remet en question à la fois nos valeurs et nos convictions. Tout ce que l'on a appris, tout ce que l'on a toujours pris pour acquis vacille dès lors que nos pieds se posent sur le sol de notre nouveau pays notre nouvelle maison. Elle vient chercher au plus profond de nous nos forces comme nos faiblesses, révélant au grand jour nos doutes et nos angoisses. À se demander pourquoi on s'impose tout ça ? Peut-être tout simplement parce qu'au bout du chemin, une fois les émotions de la phase n°2 de l'immigration surmontées, on en ressort grandi et plus épanoui, aussi.

Et après ton visa, tu fais quoi ? Tu rentres à la maison ou tu restes là-bas ?
Honnêtement, après mon PVT, je ne sais pas. La vérité c'est qu'aujourd'hui j'ai deux maisons : le Québec et la Savoie. L'une m'a élevée, l'autre m'a adoptée. Si je rentre, je retrouve ma famille et mes amis. Si je reste, je garde la qualité de vie. Dans les deux cas, une part de moi vit, l'autre dépérit. 
Dans le doute, je mets toutes les chances de mon côté : je me renseigne sur la résidence permanente et la citoyenneté et je vis chaque saison, chaque événement comme si c'était le dernier. Le jour viendra où il faudra me décider. En attendant, il me reste encore un an pour en profiter. Et quoi de mieux pour commencer cette nouvelle année que d'accepter un contrat permanent à temps plein dans ma voie ? 

☑ un bail à mon nom
☑ un contrat permanent à temps plein dans ma voie
Et les amours, dans tout ça ? Tu as rencontré un Québécois ?
Boh, Québécois ou pas, le co-capitaine de ma mini-tribu de loulous à grosses joues attendra car au cœur de mon attention ces prochains mois, il y a...
☑ mon ÉPANOUISSEMENT.

Premier Canadanniversaire

Posté par estelle_rousseau à 23:21 - Commentaires [4] - Permalien [#]