Souviens-toi

22 novembre 2017

J+533 : Ontario Here We Go

Pour remercier l'école internationale de langues du YMCA de lui référer des étudiants étrangers, l'agence de voyages Iko Tours offre, chaque année, un weekend en Ontario aux membres du personnel intéressés. Toronto ? Les chutes du Niagara ? Tous frais payés ? Ontario here we go!!!

SAMEDI 18 NOVEMBRE
5:45am : Bip... bip... BIIIP ! Non, je plaisante. Mon réveil ne fait pas cet horrible bruit-là. Mais, à 5h45, un samedi matin, une musique douce sur fond de gazouillis d'oiseaux, ça pique pareil ! Cela dit, me lever aux aurores m'aura permis d'assister au levé de soleil rose-jaune-orange-bleu magnifique qui tentait une percée entre les gratte-ciels du centre ville.
7:00am : Départ de Montréal
... Ou presque ! Incroyable, mais vrai : les Frenchies sont arrivés avant les Québécois et, exit le quart d'heure savoyard, la toute première, c'était moi !
7:00am+++ : Le temps que tout le monde arrive, on a pris la route direction la province de l'Ontario. 8h de bus, un aperçu des Thousand Islands sous la pluie et deux pauses pipi/nourriture plus tard, on est enfin...
5pm : Arrivée aux Chutes du Niagara
Au taquet, on a commencé par l'activité la plus attendue de la soirée : le jaccuzzi de l'hôtel. Mauvaise, très mauvaise idée ! Car ce qui devait être un moment de détente a surtout mis notre ouïe et notre gestion de la colère à rude épreuve. On peut remercier pour ça le groupe de parents américains incompétents et leur progéniture jouant hurlant littéralement dans la piscine !
Piscine, jaccuzzi, douche, chutes du Niagara, pluie : y a pas à dire, l'eau a régné en maître(sse) sur notre soirée. Au plus grand désespoir de mes pieds, trempés. Il pleuvait tellement qu'aucune photo des chutes illuminées n'a fonctionné. Mon appareil photo a, par contre, lui, bien pris l'humidité et, une fois au restaurant, décidé de se mettre en veille prolongée. 
Tard pm : En rentrant à l'hôtel, nos chambres ont pris des allures de buanderie, le but étant de faire sécher nos vêtements et nos chaussures avant le lendemain matin.

DIMANCHE 18 NOVEMBRE
6:30am : Déterminée à (re)voir les Chutes du Niagara coûte que coûte, je me suis extirpée de mon lit malgré ma courte nuit pour aller faire des photos de bon matin.
7:00am : Mes bottes étant toujours trempées, système D : j'ai récupéré les sachets des verres en plastique de l'hôtel à taille parfaite pour les enfiler autour de mes chaussettes. Bon, c'est sûr que c'était loin d'être sexy, mais ça avait au moins le mérite d'être 1-invisible, 2-silencieux, 3-redoutablement efficace.
Le long de la rivière, pas un chat. Les lèves-tôt courageux étaient peu nombreux. J'avais les chutes presque pour moi. Il aurait fait moins froid, je me serais posée sur un banc pour écouter leur bruit tonitruant apaisant. 
9:00am : Départ pour Toronto
.... après un arrêt à proximité de la chute canadienne et d'une colonie d'oies. En pleine ville Las Vegas-isée, tout à fait ! Oui parce qu'autour de cette beauté de la nature, c'est un ensemble de gratte-ciels, d'attractions et de machines à sous qui s'est développé. Décrit comme ça, c'est sûr que ça fait tout de suite moins rêver... Mais, au bord de l'eau, le débit, le bruit, c'est tout simplement ouaouh ! J'aurais pu rester des heures pour prendre des photos. D'autant que le soleil nous avait même momentanément fait l'honneur de se joindre à nous.
11:30am : Arrivée à Toronto
Déposés au pied de la CN Tower, on avait 3h top chrono pour se balader. Fallait pas traîner. Mais c'était sans compter sur...
Graffiti Alley
Il existe à Toronto une ruelle entièrement recouverte de graffs d'artistes divers et variés, parfois même montréalais. Et le must, c'est d'avoir pu la remonter avec ma collègue paparazzi elle aussi / calée en street art au point de transformer une ruelle désaffectée en visite guidée personnalisée. Le pied !
Kensington Market
Une collection de tentures suspendues dans la cour avant, des bijoux vendus en bord de rue, une maison peinte façon ciel nocturne étoilé : j'ai beaucoup aimé l'atmosphère hippie qui régnait dans ce quartier. Et l'étalage de lunettes farfelues avec lesquelles on s'est bien amusés...
Chinatown
... au point de devoir traverser le quartier chinois au pas de course pour éviter que le bus parte sans nous ! (en prenant toutefois le temps de beuguer en chemin sur la taille XXL des carottes et autres légumes à priori hyper méga OGMés. Oh mon Dieu !)
2:30pm : Départ de Toronto
Enfin, ça, c'était sans compter sur les bouchons dignes des grandes villes ! Et si on regardait un film pour s'occuper ? Moui alors, à part le début et la toute fin, j'avoue que mon attention s'est... comment dire... comme momentanément mise en veille. ZzzZzzZ...

Un grand MERCI à Marcus pour ses indénombrables "Sooo romantic!" et recommandations de la très célèbre chaîne de "restaurants" canadienne "Tiiim Hortooons!". Vivement l'an prochain !

Top 3 Petit boulet des repas
Un, deux, trois repas. Trois aventures qui n'arrivent qu'à moi !
1. Wendy's (samedi midi) :
Après avoir attendu une éternité dans la file d'attente (au point où mes collègues avaient fini de manger quand je les ai rejoints !), mon tour est enfin venu de commander. Au plus grand bonheur de mon estomac. De mon porte-feuille, un peu moins.
Je ne sais pas si ce sont les cents (centimes) ajoutés à mon billet de 20$ qui l'ont perturbée, quoi qu'il en soit la petite jeunette a claqué sa caisse sans me rendre mon change (ma monnaie). Heu... Excuse me? Are you gonna give me my change back? La pauvre louloute (qui a dû appeler sa manager pour débloquer la caisse) ne savait plus où se mettre. It's ok. Don't worry! Moi tout ce que je mon estomac veut, c'est passer à taaable !
2. Restaurant indien (samedi soir) :
À peine installée, j'ai retiré toutes mes affaires trempées : mon manteau, mon écharpe, puis, de ma sacoche, mon appareil photos, mon zoom, ma batterie de rechange, la carte-clé de ma chambre d'hôtel, mon téléphone, mon paquet de mouchoirs... Et là, - Oh. Mon. Dieu ! - j'ai réalisé que, en bon petit boulet, j'avais oublié de transvaser le principal : mon porte-feuille. Heureusement que j'ai des collègues en or qui m'ont avancée... C'est un coup à finir à la plonge en fin de soirée !
3. Burger King (dimanche soir) :
☑︎ file d'attente raisonnable
☑︎ prise de commandes à vitesse digne d'un fastfood
☑︎ collègue devant moi servie sans souci
Ça s'annonçait plutôt bien. Oui, mais voilà, c'est bien connu : jamais deux sans trois. (Ostie de proverbe !) J'aurais dû me méfier quand le caissier m'a annoncé un prix total inférieur au prix avant taxes affiché sur la carte...
Jusqu'à l'annonce du prix, pas de souci. Et puis, le caissier m'a rendu mon change, a posé ma facture (mon ticket de caisse) sur le comptoir près de lui et, sans un mot, ni un regard, s'est barré. Heu... ? Pensant qu'il allait revenir dans la foulée, je n'ai pas bougé, ce qui a alerté le caissier d'à-côté :
"Vous attendez quelque chose ?"
"Je ne sais pas. Il est parti sans rien dire, ni me donner ma facture."
Un client servi plus tard, rebelotte.
"Il est toujours pas là ?"
"Non."
"Vous aviez commandé quoi ?"
"Un cheeseburger bacon, avec frites et coca."
Après un petit coup d'oeil à ma facture, le caissier a fait appel à sa collègue, puis à son manager. À l'évidence, oui, j'aurais dû me méfier : mon caissier s'était trompé. Ce qui n'a absolument pas eu l'air de le géner quand, à son retour complètement à l'ouest cinq bonnes minutes plus tard, son manager le lui a fait remarquer.
Si je devais deviner son activité préférée, je dirais fumer. Mais pas des cigarettes, hein. Le genre de substances qui sera légal dans quelques mois au Canada...

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15 novembre 2017

J+526 : Winter Is Coming

Pas de John Snow, ni de guerre de trônes, mais à Montréal aussi l'hiver s'en vient. Les arbres ont capitulé, leurs feuilles sont tombées, la chaleur a déserté et, la semaine passée, les tous premiers flocons de la saison ont même fait leur apparition.
Dans les rues, le décor a littéralement changé. Longtemps cachés par la végétation, les bâtiments voisins et la colline du Mont Royal au loin sont désormais visibles depuis mon balcon. Les entrées d'immeubles et de garages ont disparu sous des toiles de tentes prêtes à servir de bouclier de protection lorsque les premières tempêtes de neige et le verglas s'abatteront. 
Les aiguilles des horloges ont reculé, la luminosité a baissé, le rythme intense de l'été s'en est allé. Bref. L'heure de la fameuse période de repli qui pousse à cogiter a sonné.

Depuis quelques années, le mois de novembre marque de forts changements dans ma vie, et pas uniquement parce que je vieillis. Il y a pile poil deux ans, je tournais à Bali la page d'un chapitre qui a bouleversé ma vie le jour-même des attentats de Paris. Il y a un an, je tendais à mon patron ma lettre de démission. Cette année, la vague mondiale de dénonciations d'actes de harcèlement et d'agressions sexuels subis par les femmes est venue titiller une blessure non cicatrisée. Retranchée, je me pose néanmoins la question. Et si réussir professionnellement et en amour n'était pas suffisant ? Et si je regrettais un jour de ne pas avoir osé ? Et si... je franchissais moi aussi les portes du commissariat de mon quartier ? 

#metoo

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08 novembre 2017

J+519 : Le lancer de haches

- Tu fais quoi ce weekend?
- Je vais lancer des haches!! 
- Des haches???
Une fois... deux fois... trois fois. Alors apparemment les Québécois ne font pas ça...

Attrape-touristes ? Surf sur le cliché du bucheron à chemise carottée ? Si l'origine de ce concept reste un mystère, il existe toutefois un endroit où l'on peut lancer des haches en plein centre de Montréal. Et à force d'entendre mes amis français en parler, moi aussi j'ai voulu tenter.

Le principe est sensiblement le même qu'aux fléchettes : plus tu te rapproches du centre de la cible, plus tu gagnes de points. La seule différence : l'arme. Un tantinet plus dangereuse. D'où l'intérêt d'écouter attentivement la madame (dame) employée expérimentée et de respecter les règles de sécurité.

Étape n°1 : le placement
Pour pouvoir se planter dans la cible, la hache doit faire un tour sur elle-même. Pas un demi, pas deux. À toi de trouver la distance stratégique à laquelle te placer.
Étape n°2 : la position
Le bras tendu devant toi, tu dois tenir la hache par le bas debout à angle droit. Tu plies ton coude, puis ramènes ta main près de ton oreille, la lame de la hache pendant à proximité de ton omoplate. Le but est, certes, de prendre de l'élan, mais vas-y doucement ! Surtout si la hache est à double tranchant. Rigole pas ! Il y a déjà eu des accidents.
Étape n°3 : le lancer
Inutile de lancer la hache comme un bourrin, au risque de blesser ton voisin. Si tu ne me crois pas, retourne à l'étape n°1. Comme la madame employée expérimentée l'a expliqué, si tu es bien placé(e), la lame devrait se planter.
Étape n°4 : la récupération
Avant de te jeter sur ton nouveau jouet, pense bien à checker (vérifier) que ton voisin n'est pas sur le point de lancer le sien. S'il se loupe et que la hache ricoche, c'est ton dos qui risque de finir avec des points !
Étape n°5 : le compte de points
Une fois échauffés, les garçons, la testostérone à fond les ballons, se lancent dans la compétition. Et, comme à chaque fois qu'il est question de compter les points, toi, tu ne touches presque plus rien. Un peu plus près, un peu plus loin, un peu plus souple, un peu plus fort : c'est pourtant pas faute de tout tenter. En vain.
Étape n°6 : l'élargissement des possibilités
Au bout d'un moment, histoire de varier, la madame employée expérimentée t'amène d'autres jouets. Beaucoup plus gros. Hum.... et si c'était justement ça la solution ?
... Ou pas !
Bon, à l'évidence, au lancer de haches comme au bowling, ton score yoyo ne suit aucune logique, aucune technique. Ce qui te frustre au plus au point. Du coup...
Étape n°7 : la fin
Bien que la partie soit officiellement finie, ta taille de haches préférée en mains (la plus petite, plus maniable, plus rapide), tu t'acharnes sur la cible. Et force est de constater que ça marche ! Une fois, deux fois... plein de fois !!!

Heu... les gars, pourrait-on réactiver le compte des de mes points ???

L'expression du jour bonjour
Impossible de parler bûcheronnage sans aborder L'expression "Tire-toi une bûche.". (expression qui a de quoi te perturber si tu l'entends pour la toute première fois au travail, dans un bureau en plein centre-ville bétonné de Montréal).
En apparence clichée, elle est, en fait, apparentée aux colons, qui peu fortunés, utilisaient des rondins de bois pour s'asseoir. "Tire-toi une bûche.signifie donc tout simplement "Prends-toi une chaise".

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01 novembre 2017

J+512 : Épouvantée

Fortement associé à ma démission l'an passé et à tout ce que cette expérience m'a fait traverser, l'Halloween a pris une tournure différente cette année. Plus le 31 octobre approchait, plus mon envie d'incarner le personnage sombre et complètement déjanté de Bellatrix Lestrange (cf. Harry Potter) s'estompait, au profit de déguisements beaucoup plus colorés.
À la recherche d'idées, j'ai bien tenté les magasins spécialisés, mais, ne souhaitant pas ressembler à une traînée, j'ai vite abandonné l'idée. Infirmière-pute, sorcière-pute, serveuse bavaroise-pute, Mario-pute... Heu... pourquoi la version homme de la salopette de Mario pourrait, à l'inverse, largement fitter (contenir) deux êtres humains de la carrure du mannequin ???
Du coup, plan B. Quelques recherches internet et heures de fabrication maison plus tard, mon déguisement d'épouvantail, Robert le corbeau (recyclé de ma tenue de l'an passé) et moi étions prêts pour démarrer les festivités.

VENDREDI 28 OCTOBRE - Le party de l'École internationale de langues du YMCA
Moyennement enchantée à l'idée de traverser la ville dans des métros bondés en tutu hyper bouffant / maquillée comme une poupée un épouvantail volé, je suis partie de chez moi un énorme sac sous le bras. Comme la plupart de mes collègues. Résultat : les toilettes pour dames de l'école se sont très vite transformées en loges d'habillage / maquillage improvisées sous le regard halluciné des élèves qui poussaient la porte d'entrée. 
Puis, le temps de travailler décorer la salle de classe réquisitionnée, les profs se sont déguisés, les élèves sont arrivés et, après le repas, les activités ont commencé. Concours de citrouilles creusées la veille au cours d'un atelier, concours de déguisements, transformation contre la montre d'un partenaire en momie-papier WC, etc. : il y avait tout un tas de jolis prix à gagner.

SAMEDI 29 OCTOBRE - La marche des zombies
Comme il faisait beau et chaud cette année, les zombies et les curieux assez courageux pour les approcher ont littéralement pris d'assaut la Place des Arts. Maquillage, masque, costume : certains avaient sorti le grand jeu et, à priori, la carte de crédit aussi ! 
Parmi eux, incroyable, mais vrai montréalais, je suis tombée nez à nez avec une amie d'adolescence revue quelques jours plus tôt pour la toute première fois en dix ans autour d'un chocolat chaud. Le taux d'improbabilités de cette ville m'étonnera toujours. C'est fou !
La pluie et le froid ayant attendu le lendemain pour pointer le bout du nez, la marche des zombies était bien plus longue que l'an passé. Au plus grand bonheur de mon appareil photos ! Des mariés décédés, des fous échappés d'asiles psychiatriques, des clowns au regard effrayant, un maman encore reliée par le cordon ombilical à son bébé... même des marcheurs blancs (cf. Games of Thrones) avaient fait le déplacement !
Démarche claudicante, course désorientée, râles de détraqueurs, cris de folie : les zombies n'hésitaient pas à approcher les spectateurs, voire à les toucher. Les champions de l'interprétation restant souvent... les enfants !
Si je suis encore à Montréal l'an prochain, j'avoue que ça me tenterait bien de participer moi aussi à la 8ème marche des zombies...
Le party entre amis
Loin des grosses soirées organisées un peu partout dans la ville, on a préféré l'option cosy dans l'appartement d'une amie que l'on a passé la veille à recouvrir de toiles d'araignées. Si le thème Harry Potter l'a emporté parmi les "moldus", il y avait aussi tout un tas d'autres déguisements (petite mention spéciale aux futurs parents qui ont osé jouer la carte du démembrement !!).
Les soirées déguisées, c'est souvent l'occasion de se lâcher en jouant avec tout un tas d'accessoires appartenant à d'autres déguisements et de finir très, très tard à tenter d'imiter les chorégraphies du jeu vidéo Just Dance en tutu XXL. Normal ! Loin, très loin donc des tenues / attitudes suggestives mises en avant par les magasins...

LUNDI 31 OCTOBRE - La distribution de bonbons
Rendue le jour-j, j'avais déjà tellement festoyé que j'étais tannée (j'en avais marre). J'ai quand même revêtu la moitié de mon costume de l'an passé histoire d'être un minimum dans le thème pour distribuer des bonbons aux enfants des deux garderies du YMCA, même si, j'aurais pu le parier, les mini-princesses et mini-super héros étaient surtout attirés par le gros panier. Certains l'ont même tenté deux fois, sait-on jamais que son costume de Superman soit passé inaperçu la première fois... Aaaah, l'innocence d'un enfant de 3 ans !
La ruelle hantée
Pour clôturer l'Halloween en beauté, j'ai remonté la ruelle arrière de mon ancien appartement, réputée pour exceller en matière de décoration / animation. Même si j'y étais un peu plus tard que l'an dernier, il y avait encore de nombreux enfants déguisés et leurs parents venus chercher des bonbons. 
Niveau décorations, certains habitants avaient une fois de plus mis le paquet, comme la famille du monde de Némo qui avait, cette année, créé tout un tas de petites créatures à l'aide d'abat-jours en papier. Personnellement, j'ai aussi beaucoup aimé la famille qui a surfé sur la tendance de l'été : imperméables-ponchos jaunes et bouées.

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25 octobre 2017

J+505 : Casual Friday & Co.

S'il y a bien un ennemi public n°1 dans la plupart des entreprises nord-américaines, c'est... le jeans !
Fortement associé aux ouvriers, il est très souvent rédhibitoire. Sauf le vendredi. Sauf au YMCA. À mon plus grand désespoir !

Et puis... 
C’est avec plaisir que je vous annonce que j’ai obtenu l’autorisation pour que vous puissiez désormais porter des jeans les vendredis. 
En lisant le courriel (e-mail) de ma directrice, mes yeux se sont écarquillés, les battements de mon cœur se sont accélérés. Aaaaaaaaah ! Claquettes, hip hip, samba : j'avais soudainement envie de faire deux-trois pas de danses que je ne maîtrise même pas. Et surtout de crier V.I.C.T.O.I.R.E. sur tous les toits !
(Superficielle ? Moi ? Absolument pas !)

Du coup, si je ne sais pas ce que je porterai sous ma veste YMCA du lundi au jeudi, une chose est sûre : à partir de maintenant, tous les vendredis, ce sera jeans party !

Top 10 : Les quiproquos lexicaux du bureau
Qui dit travailler au Québec, dit aussi découvrir un nouveau vocabulaire. Et en matière de confusion et quiproquos, le champ lexical de l'administration prend clairement la tête du classement ! Explications.
Situation n°1 :
Tu t'es encore fait piquer ton crayon à papier. Tu t'approches donc de ton collègue pour lui en demander/emprunter un. Et là... patatra !. Grimace, haussement de sourcil, voire les deux à la fois. Vue sa réaction faciale, à l'évidence, tu viens d'échouer ton test d'intégration linguistique. Autant pour toi. La prochaine fois, tu le sauras : on dit un crayon à mine icitte.
Maudite française, va !
Situation n°2 :
Un collègue te demande "Tu peux-tu me prêter ta brocheuse?". Surtout, évite d'écarquiller les yeux. Oui, c'est sûr, le "tu veux-tu", c'est affreux et contraire à toute règle de grammaire, mais, vue la fréquence d'emploi, un trois conseils :
1. reste de marbre (n'oublie jamais que, techniquement, c'est toi qui parle bizarre icitte)
2. habitue-toi (mais pas trop non plus, hein... sinon tu vas finir par l'employer aussi le "tu veux-tu" !)
3. tends-lui l'objet dont il a besoin : ton agrafeuse. Chargé de broches (agrafes), ça va de soi.
Situation n°3 :
Si tu veux déstabiliser un collègue québécois, demande-lui de t'amener un classeur en particulier. Puis, fixe bien son regard. Il risque fort de beuguer façon "Tu me niaises-tu?" (Tu te moques de moi ?) à l'idée de devoir porter un gros meuble à tiroirs.
Le fameux classeur à anneaux métalliques servant à ranger des documents préalablement perforés porte le doux nom de cartable de ce côté-ci de l'océan car ce terme n'est pas déjà pris par les écoliers qui vont, eux, à l'école, avec un sac à dos (tout simplement). T'as-tu tout suivi?
Bref. Du coup, si on veut repousser les frontières lexicales, un classeur québécois peut permettre de stocker tout un tas de classeurs français. Mais c'est tout de même aller un peu loin ! Indubitablement. (cf. Supercalifragilisticexpialidocious, Mary Poppins, Walt Disney Productions)
Situation n°4 :
Tu te croyais sortie d'affaires une fois le cartable/classeur en mains, hein, avoue ? Et ben, nan ! Nan, nan, naaan !!! Bien au contraire : tes problèmes ne font que commencer. S'il te prend l'envie l'inconscience de décrire l'emplacement précis d'un document, surtout, un peu comme si tu jouais au Taboo, contourne le terme "intercalaire" à tout prix sous peine de voir le visage de ton collègue déformé par l'incompréhension. Un quoiii???
Note à toi-même : les Québécois appellent ça un séparateur. Sé-pa-ra-teur. C'est pas un terme hyper-méga-compliqué, mais, si tu fais comme moi, offf... ça te prendra un bon cinq mois pour le mémoriser.
Situation n°5 :
Tu veux fixer une feuille de papier au mur. À force de quiproquos, tu sais, avant même de te lancer, qu'il n'y a absolument aucune chance pour que le truc bleu (oui, icitte, elle est bleue) dont tu as besoin s'appelle "pâte à fixe". Histoire de ne pas encore te faire remarquer, tu pars à la recherche de son appellation. Ou devrais-tu dire ses appellations car, en l'occurrence, tu as le choix :
1. Tu peux parler de gommettes, les gommettes des enfants étant, en bon français (!), des stickers;
2. ou de collants, terme désignant également, comme en France, le vêtement (contrairement aux bas (chaussettes) qui, loin des finitions en dentelle très féminine, sont aussi portés par des gars).
Bref. Au bout de quelques mois, pour éviter tous ces quiproquos à gogo, tu envisages de créer un tableau lexical à punaiser sur les séparateurs* de ton bureau-cubicule avec, tant qu'à faire, une troisième colonne en anglais, car, suivant la langue maternelle du collègue à qui tu t'adresses, en lieu et place des mots classeur/cartable, tu utiliseras le mot binder...
*On s'entend qu'il s'agit ici de murets séparateurs, hein, pas d'intercalaires !

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18 octobre 2017

J+498 : L'Action de grâce

Inspirée des fêtes de la moisson européennes, l'action de grâce (Thanksgiving) était, à l'origine, une journée destinée à remercier Dieu pour les récoltes abondantes de l'année. Bon, au fil du temps, pour les Québécois, c'est surtout devenu une manière de grappiller un jour férié dans le calendrier pour passer une fin de semaine (weekend) prolongée dans leur chalet... Quant à moi qui ne suis ni québécoise, ni propriétaire d'un chalet, l'action de grâce m'a surtout permis d'être conviée à un potluck* entre amis.
*Potluck = repas où chaque invité amène un plat à partager.

Un œil sur les fourneaux, l'autre sur les instructions de Ricardo (célèbre cuisinier québécois, heureux détenteur, entre autres, d'un site internet de recettes)...
Après une matinée en cuisine à s'afférer chacun de notre côté, - soupe au rutabaga, dinde, farce, sauce de viande, sauce à la canneberge, purée de courges, poêlée de carottes, tarte à la citrouille, tarte à la pacane (noix de pécan) - on avait largement de quoi faire exploser notre estomac partager un bon repas !

L'avantage avec l'action de grâce c'est que, comme elle a lieu le deuxième lundi d'octobre au Canada et le quatrième jeudi de novembre aux États (États-Unis), en vivant à 1h de la frontière américaine, on peut même la célébrer deux fois. Avec un mois et demi en les deux pour digérer, en plus de ça !

L'action de grâce marque aussi la fin de l'immersion québécoise de ma p'tite maman.
Très contente d'avoir pu lui montrer mon quotidien et toutes les belles choses auxquelles je tiens, j'ai eu beaucoup plus de mal à encaisser la manière dont on s'est quittées.
Au loin, les portes du bus se sont fermées. Valises à bout de bras, on a couru pour ne pas le rater. Le chauffeur a réouvert les portes pour que ma mère puisse monter. Pas le temps de se serrer très, très fort dans les bras, j'ai dû me contenter d'un tout petit bisou rapide sur la joue. C'est tout.
Quand on ne sait pas si / quand on se reverra, même à 28 ans, même avec un cœur entouré d'un mur de protection en béton, ça picote un peu les yeux. J'avoue.

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11 octobre 2017

J+491 : La flambée des couleurs

En voyant les toutes premières feuilles d'érable virer au rouge lors du weekend de la fête du travail (début septembre), j'ai paniqué : déjà que je m'étais bien fait fourrer (arnaquer) sur le printemps cet année, Madame Nature n'allait pas, en plus, me voler ma saison canadienne préférée !
Et puis, pendant mes quinze jours pluvieux/frileux de vacances en France, l'impensable est arrivé : après avoir joué à cache-cache tout l'été, en septembre, le soleil a enfin débarqué et, avec lui, des ressentis jusqu'à 40°C. De quoi bloquer les couleurs dans leur avancée.

Après inspection de la carte des couleurs automnales (car il existe sur internet une carte interactive de l'avancée des couleurs au Québec, avec légende colorée à la clé), mon choix s'est porté sur les Cantons-de-l'Est, au sud-est de Montréal.
Couleurs automnales QC
Sur la route, vert, jaune, orange, rouge, fushia même, parfois : plus on s'éloignait de Montréal, plus les couleurs flamboyaient.

Le Mont-Orford
Vu notre programme chargé de la journée, on a une fois de plus opté pour l'option télésiège en montant, nos pieds en descendan ; ce qui a permis à la paparazzi que je suis de prendre en photos mitrailler le paysage au fur et à mesure que l'on prenait de la hauteur.
Tout en haut, si l'étendue de vert, jaune et orange à perte de vue était impressionnante, les arbres semblaient figés... brûlés. Prise au piège entre la hausse d'intensité de la lumière et la diminution de la durée d'ensoleillement, entre la production et la décomposition de la chlorophylle, l'avancée des couleurs s'est retrouvée bloquée. Du coup, oui, c'était beau, mais pas aussi majestueux que ce à quoi je m'attendais.
C'est en redescendant à pied/en approchant les arbres au plus près que j'ai pu apprécier les différentes teintes de jaune et d'orange, prenant peu à peu le pas sur le vert. À l'évidence, le rouge, lui, n'avait pas encore été convié.

Puis, comme les gouttes de pluies annoncées ont commencé à tomber, on a poursuivi notre chasse aux couleurs automnales bien abritées dans la voiture.
Magog, Sainte-Catherine-de-Hatley, North Hatley, Ayer's Cliff, Stanstead, Georgeville... : tout un tas de villages bien plus petits que ce que la carte de l'office de tourisme ne le laissait penser. Ce qui ne nous a pas empêché de nous perdre aventurer à plusieurs reprises sur des routes non goudronnées...
Si on a mangé un très bon grilled cheese au bord de l'eau à North Hatley, frôlé le poste de douane américaine à Stanstead, pris une photo de dégradé de couleurs (rouge inclus) absolument magnifique au milieux de nulle part, on n'a, en revanche, pas croisé Memphré, la créature du lac Memphrémagog décrite comme un gros serpent des mers par la plupart des personnes qui l'auraient vue. Plusieurs siècles plus tard, l'ami de Nessie (cf. Loch Ness) reste un mystère... 

Les illuminations du jardin botanique de Montréal dans la semaine, la flambée des couleurs des Cantons-de-l'Est dans le weekend (fin de semaine) : rendue à la semaine n°2, tous les moyens étaient bons pour en mettre plein la vue à ma maman et lui donner envie de revenir un jour au Canada. Et, cette fois, - qui sait ? - peut-être que ma petite sœur l'accompagnera...

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04 octobre 2017

J+484 : Entre mère et fille

"C'est marrant leur accent. Ça donne envie de répondre en anglais."
Quand ta mère vient pour la toute première fois à Montréal, tu écoutes attentivement ses impressions, qui te ramènent dans le même temps à tes propres premiers pas sur le territoire québécois. Ta première conversation dans un magasin ponctuée d'un "Allô." en entrant, "Bienvenue." en payant et "Bon jour." en partant (= bonjour, je vous en prie, au revoir), sans parler des quatre heures de torture spectacle de Jean-Marc Parent ! (Mais c'est ma langue maternelle pourtant !)
Bref. Il fut un temps où toi aussi tu as galéré avec cet accent qu'aujourd'hui tu aimes tant, qui te rassure quand tu l'entends et te manque facilement. Du coup, oui, ça t'amuse beaucoup d'écouter les péripéties linguistiques de ta maman. 

Tu en profites pour lui montrer ton quotidien, ces lieux que tu affectionnes tant, comme le marché Jean Talon. Tu lui fais une visite guidée des endroits où tu as travaillé, tu lui présentes tes collègues de travail histoire de la rassurer, tu l'inities à la gastronomie locale : poutine, épluchette de blé d'Inde... (Bon, là, en l'occurrence, comme les directeurs du YMCA s'étaient déjà chargés d'éplucher les épis de maïs, il n'y avait plus qu'à les rouler dans le beurre, les saler, les poivrer et - huuum ! - les déguster.)
Tu t'arranges aussi au passage pour cocher de nouvelles cases sur ta to-do list Canada. À Montréal déjà, avec le magnifique spectacle de sons et lumières Aura dans la Basilique Notre-Dame et à presque 3h de route de chez toi... 

☑ Le Parc de la Chute-Montmorency
Première constatation : c'est fou le nombre de Chinois !!! Masse de Chinois en arrivant, masse d'Américains en repartant. Heu... les cars touristiques ont un calendrier horaire bien spécifique à respecter selon la nationalité des passagers, c'est ça???
Plus étroite que les chutes du Niagara, la chute Montmorency semble moins impressionnante au premier abord. Et pourtant... Avec ses 83 mètres de hauteur, elle mesure 30 mètres de plus que sa cousine de l'Ontario. Et son petit truc en plus, c'est la passerelle qui la traverse juste au-dessus.
Pour atteindre le sommet, tu as deux options : le téléphérique ou les 150,000 marches d'escaliers. Vue l'heure avancée et les réclamations plutôt bruyantes de ton estomac, tu optes pour la solution de facilité rapidité : téléphérique en montant / direction le restaurant, marches d'escaliers en descendant. 
Comme c'est beauuuu tout en haut ! Le bruit tonitruant, la puissance des remous, les couleurs de l'automne, leur reflet dans l'eau, le paysage à perte de vue, les arcs-en-ciel apparaissant et disparaissant au rythme du mouvement des éléments... Tout !
Quelques dizaines de marches d'escaliers et de photos plus tard, tu arrives enfin sur la plate-forme au bas de la chute. En bonne touriste, tu veux évidemment te faire prendre en photo devant. À défaut de vouloir troquer tes cheveux lisses contre un pelage de caniche, tu enfiles expressement la capuche de ton manteau.

☑ L'Île d'Orléans
Comme tu disposes de peu de temps, tu choisis, pour cette fois, le village de Sainte-Pétronille au bout d'île qui te permet, depuis la promenade Horatio Walker, d'admirer au loin la chute Montmorency, la Ville de Québec et, beaucoup plus près... un jeune couple sur les rochers qui commence à un peu trop se rapprocher ! Accélère le pas, crois-moi, tu veux pas voir ça !
L'île étant réputée pour ses produits du terroir, de retour de ta balade, tu t'arrêtes déguster une glace à l'érable, les fesses posées sur les tables/fauteuils-de-pique-nique-balançoires. Miaaam !

☑ La Ville de Québec
À Montréal, tu entends souvent "Il fait toujours plus froid à Québec.". Toujours, tu ne sais pas, mais ce matin-là, en longeant le port, - brrr ! - tu bénis l'idée de géni que tu as eue d'enfiler ton manteau. Ça, c'est sûr !
Qui dit dimanche, dit... brunch ! Alors, avant d'arpenter les ruelles de la Ville de Québec, direction Le Buffet de l'antiquaire, un restaurant traditionnel vivement recommandé, histoire de remplir ton bidon d'œufs bénédictines et de jambon.
Le Château de Frontenac, la Citadelle, les petites rues pavées... Tu comprends vite pourquoi les cinéastes viennent y tourner leurs films : Québec ressemble effectivement énormément aux vieux villages européens.
Au détour de certaines intersections, tu tombes sur des artistes de rue accompagnés de leur chien, chien qui porte parfois le même combo lunettes de soleil-chapeau que son maître batteur écolo s'en donnant à cœur joie sur des boîtes de conserve et des seaux en plastique recyclés. Attirée par la scène atypique, tu restes pour le rythme. C'est beau !

Cette semaine entre mère et fille, c'est aussi l'occasion d'inviter ta maman à manger dans ton fastfood haut de gamme préféré parce que tu as une nouvelle toute fraîche que tu as hâte de partager : trois mois à peine après avoir été embauchée, deux jours à peine après être rentrée de congés, ta patronne vient de te proposer une promotion pour un poste auquel tu n'aurais jamais envisagé appliquer ! Parce que c'est aussi ça, le Canada... Aaaaaah !!!

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27 septembre 2017

J+477 : Retour en France partie 2 - De leur imagination à ma réalité

T'as pris l'accent.
Pas du tout ! Ou, devrais-je, dire pas pantoute.
Certes, avec le temps, j'ai adopté quelques expressions comme "C'est pas si pire." ou "C'est correct." et je termine parfois mes phrases par des "" facultatifs, mais NON, je n'ai pas pris l'accent. Pourquoi ? Parce que :
1. Comme les Québécois jouent à domicile ici, famille, amis, ils ont déjà toute la panoplie. S'en faire des amis ne survient donc pas en claquant des doigts. Du coup, de fil en aiguille, j'ai surtout tissé des liens avec des francophones européens, récemment expatriés comme moi, qui ne parlent absolument pas avec l'accent québécois. 
2. Quant à mes collègues "pure laine" (pure souche), école internationale de langues oblige, ils parlent un français parfois plus standard que moi. Ce qui n'empêche pas, ça et là, d'avoir droit à un petit cours d'expressions comme être le boss des bécosses, avec explication éthymologique en prime. Le terme "bécosses" viendrait de l'anglais "back house" (la fameuse cabane au fond du jardin de Laurent Gerra). Être le boss des bécosses (autrement dit d'un pauvre petit cabanon en bois au fin fond du jardin) signifierait donc se comporter comme un chef autoritaire sans aucune légitimité, se croire supérieur ou, en bon français métropolitain, "péter plus haut que son cul". Français métropolitain ou québécois, force est de constater qu'on en revient quoi qu'il en soit toujours à une histoire de caca...
Bref. Je ne baigne donc pas assez dedans pour prendre l'accent.
Ceci dit, si, au Québec, je lutte pour ne pas céder aux "Allô." (Bonjour), "Excusez." (Pardon.) et "Tu veux-tu...?" (Est-ce que tu veux... ?), depuis que je suis rentrée en Savoie, j'ai bizarrement envie de parler québécois. Bonjour la bipolarité que je vais développer si j'obtiens un jour la double-nationalité !

T'as maigri.
Une fois, deux fois... quatre fois.
Alors, en fait, pas pantoute de chez pantoute ! (non, cet assemblage de mots n'existe pas en québécois) Au contraire. L'hiver dernier, j'ai même pris deux-trois kilos qui n'ont pas fondu avec la chaleur de l'été (peut-être justement parce qu'il n'a pas vraiment fait chaud cet été...). La seule chose qui a vraiment changé, au fond, cette année, c'est mon regard. J'imagine qu'être heureux affine un peu... 

Quand tu rentreras après ton visa...
Alors ça, je sais pas. On verra... J'ai encore neuf mois devant moi (six si je veux enclencher une nouvelle demande de visa). 
Ce que je sais, par contre, déjà, c'est que, oui, j'ai beaucoup aimé revenir en Savoie, arpenter les rues de la ville où j'ai grandi, admirer la vue au sommet des montagnes qui ont toujours veillé sur moi, rester bouche bée devant l'immensité de certains rayons du supermarché (c'est fou la quantité/variété de tablettes de chocolat !), redécouvrir la gentillesse des commerçants, ressentir l'énergie apaisante devant les drapeaux du siège de l'ONU, revoir mes proches et réaliser que ni la distance, ni le temps, n'ont affecté nos relations, aider à marcher, donner à manger, photographier, jouer avec et faire des câlins aux deux bouilles de fripouilles que j'avais tellement hâte de rencontrer. Ceci dit, plus mon retour à Montréal approchait, plus l'ouverture d'esprit, la tolérance et l'accent devenu si familier des habitants me manquait.
Acheter une maison, me marier, faire des enfants : difficile de participer aux conversations de prédilection de mes amis quand aucun sujet ne fait partie de mes projets. Un jour. Peut-être. On verra. Mais, pour l'instant, c'est à Montréal que je m'épanouie. Montréal qui, trois mois après m'avoir offert un contrat permanent à temps plein dans ma voie, vient de me proposer une promotion de surcroît.

Quant aux deux boules à proximité de mon cerveau, moi qui ai toujours reproché au système de santé français de ne nous donner aucune notion des prix, il suffisait de demander ! Couverte par une assurance internationale qui ne me rembourse dans mon pays d'origine qu'en cas d'urgence médicale, j'ai payé tous les frais de médecins, d'échographie et d'analyses sanguines sans certitude d'être un jour remboursée (avec en prime le droit d'être dévisagée à chaque fois que je demandais un deuxième exemplaire pour l'assurance de mon travail, sait-on jamais ?!) 
Au final, verdict : ce sont des ganglions, à priori sans gravité, provoqués par un virus à démasquer/surveiller. Après le système de santé français, c'est donc le système québécois qu'il va falloir affronter...

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20 septembre 2017

J+470 : Retour en France partie 1 - De mon imagination à la réalité

Des contrôles de sécurité renforcés, des douaniers à amadouer et, derrière les portes vitrées, ma famille, une petite pancarte à mon nom entre les mains : c'est à peu près comme ça que j'imaginais mon retour sur le sol européen. (Oui, bon, ok, la petite pancarte à mon nom c'était peut-être légèrement exagéré, mais j'en ai toujours rêvé.) De mon imagination à la réalité, un écart s'est toutefois creusé. Enfin, un écart. Un fossé... Un gouffre... Que dis-je ? Une galaxie !
À mon arrivée, aucun être humain en vue pour me souhaiter la bienvenue, ni même pour me questionner sur la quantité de bouteilles alcoolisées importée. Mon passeport de citoyenne européenne, je l'ai scanné moi-même sur une borne-tourniquet-vidéo. L'aéroport de Bruxelles. Touché par des attentats mortels moins de deux ans auparavant. Heu... c'est comme ça qu'on lutte contre le terrorisme en Europe maintenant ? 
Derrière les portes vitrées, beaucoup de familles, de bouquets de fleurs et de pancartes tenues par des chauffeurs en costard, mais aucun visage familier. Après une bonne heure à naviguer entre le flow de passagers (résultat de la quasi inexistence de panneaux de signalisation sur les routes belges !) / à tenter de refouler une angoisse non ressentie depuis près d'un an et demi, j'ai enfin pu serrer ma mère et ma sœur très fort dans mes bras et respirer l'odeur de leur parfum (le toucher et l'odorat sont les deux sens qui souffrent le plus lorsque l'on vit loin). 

Partir avec un billet de 10€, acheter du pain, du fromage et du vin et revenir avec du change (de la monnaie) : mon fantasme alimentaire n°1.
Un weekend mariage en famille où pain, vin, fromage et charcuterie était systématiquement de la partie plus tard, mon estomac réclamait surtout... des légumes ! Incroyable, mais vrai : moi qui me suis gavée de pain et de fromage de bon matin en rentrant de mon année d'études aux États-Unis, j'ai répondu "Non." lorsque ma mère m'a demandé si je voulais acheter du fromage pour la semaine.
Icitte, pour réaliser mon fantasme alimentaire n°1, il faut compter minimum 20$ (13€*). Alors, quand mes finances m'ont imposé des choix, j'ai sans hésiter mis de côté ce genre de petits plaisirs-là. Sauf que, un an et quelque de quasi-abstinence plus tard, mon estomac, désormais déshabitué, ne supporte plus le fromage autant qu'avant. Et mon visage encore moins. C'est fou !
* Si ça paraît limite abordable en euros, n'oublions pas que mon salaire est lui aussi payé en dollars canadiens. 

Est-ce que je leur saute au cou ? Est-ce que je les serre très fort dans mes bras ? Est-ce que je leur fais juste un bisou ? Est-ce qu'elles aimeront ce qu'elles voient ? Est-ce qu'elles me reconnaîtront ? Est-ce qu'on trouvera des sujets de conversation ?
En 8h d'avion, mon cerveau a eu le temps de s'en poser des questions ! Et puis... un sourire, un regard et mon appréhension des blancs de conversation a cessé de monopoliser mon attention. Je les recherchais même un peu au fond. Moins parler pour plus contempler / apprécier tous ces petits moments anodins que je revivais enfin. Je me sentais bien.
Quant aux sujets de conversation, inutile de m'inquiéter. Et c'est comment la vie là-bas ? Pour trouver un emploi ? Les hivers ne sont pas trop froids ? Et après ton visa, tu feras quoi ? Tu rentreras ? Ma famille avait tout un tas de questions à me poser.

Loin de ce que j'avais imaginé, mon retour en France avait néanmoins plutôt bien commencé. Et puis... un geste, une sensation sont venus tout ébranler. Une boule, puis deux, à proximité du cerveau. Vus les antécédents familiaux, la peur a remplacé la joie. Pourquoi ? Peut-être parce que mon "miroir" était avec moi, comme à chaque fois dans ces moments-là...

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13 septembre 2017

J+463 : Je rentre à la maison

7 juin 2016 - 7 septembre 2017
Place 7. Place 37.
Peu importe où mon chemin me mène ces derniers mois, le chiffre 7 est toujours là. 

Tu pars où ?
Je rentre en France... dans mon pays... chez moi... à la maison.
Les mots ont du mal à passer. Aujourd'hui, je ne suis plus vraiment sûre de mon identité. Loin de vouloir renier mes racines, je vis mon quotidien au-delà des frontières et des nationalités. Rentrer n'a rien d'anodin lorsque l'on vit loin. Loin de chez soi, loin des siens.

Avril - La joie
Ça y est, c'est officiel : les billets sont réservés. Tu préviens tout le monde. Même si septembre ça paraît loin, vu le nombre de personnes que tu veux revoir et le nombre de bébés que tu veux rencontrer, dix jours, ça va vite filer. Mieux vaut anticiper.

Août - L'angoisse
Le négativisme, le racisme, le sentiment de ne pas être assez, d'être inadaptée... 
Quand toutes ces choses que tu as envoyées valser en t'installant de l'autre côté de l'océan reviennent te hanter, la bulle de protection que tu t'es créée s'empresse d'exploser. Si, en un an, dans ton pays, rien n'a changé, toi, en revanche, tu as beaucoup évolué.
Et si rentrer n'était finalement pas une bonne idée ?

Septembre - La résignation, l'affront, l'excitation
Plus la date de ton vol approche, plus les émotions se bousculent dans ton cerveau. Ton pays te verra tel que tu te vois, toi. Si le bonheur crépite dans ton estomac, il se reflétera dans tes yeux. Et quand bien même ton pays n'apprécierait pas ce qu'il voit, qui est-il pour influencer tes choix ?
Pas le temps de répondre à cette question que ton état de santé accapare toute ton attention.
Tu peux pas prendre l'avion dans cet état-là !
Ta coloc' et ta patronne coalitionnent. L'une te prête son spray d'huiles essentielles pour accentuer l'efficacité de tes inhalations, l'autre fonce à la pharmacie pour t'acheter des médicapants décapants.
Flippée à l'idée que tes sinus explosent avec la pression, tu fais du débouchage de ton nez ta priorité. Tellement qu'à la question "Alors prête à rentrer en France ?", heu... à la suprise générale, tu réponds "Pas vraiment.". En même temps, cette notion de retour te paraît tellement abstraite que, jusqu'au dernier moment, tu le vois comme la réalité virtuelle d'un monde parallèle.
Et puis, une fois les cadeaux achetés et la valise bouclée, tu commences à réaliser. En route pour l'aéroport, tu regardes la vitre du bus briller, puis se troubler. Ce mélange gouttes de pluie / rayons de soleil représente bien ce que tu ressens : les émotions se bousculent dans ton cerveau. Finalement, c'est la surexcitation qui prend le dessus. Après plus d'un an sans pouvoir voir, sentir, ni toucher tes proches... Vite, vite, Monsieur le pilote : il est temps de réveiller mes sens. Il est temps de rentrer à la maison.

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06 septembre 2017

J+456 : À la chasse aux baleines et aux aurores boréales

Tout a commencé avec une conversation. Si cette année devait être notre dernière au Canada, on ferait quoi ? Voir une aurore boréale. Clairement. Oui, mais où ? Et quand ? En mai et en septembre, elles descendent apparemment parfois jusqu'au Lac Saint-Jean. Septembre ➝ Lac Saint-Jean ➝ Tadoussac ➝ baleines ➝ septembre ➝ fête du travail ➝ longue fin de semaine. Réaliser deux rêves canadiens à la fois ? Aaaaah, les amis, on y vaaa !!!

Après huit bonnes heures de route, on est arrivés en pleine nuit au chalet immense du collègue d'une amie loué pour le weekend. Répartition des chambres, mise en pyjama, faufilage sous les draps : crevés, on était plus-que-prêts à sombrer dans les bras de Morphée.

À la chasse aux baleines
Manteau, écharpe, gants : une fois à bord du zodiac, on a très vite compris pourquoi la madame de la réservation nous a fortement conseillés de nous habiller chaudement. C'est qu'il fait ben frette (froid) sur le fleuve Saint-Laurent !!!
Si les consignes de distance à respecter sont très strictes pour les bateaux, les baleines ne sont, elles, tenues à aucune obligation. Deux jets d'eau, deux nageoires dorsales, puis deux plongeons plus profonds à la recherche de plancton : une scène apparemment très rare que nous avons eu la chance de voir, au plus grand bonheur de nos yeux, de nos appareils photos et de notre guide-naturaliste encore plus excitée que nous. Une maman et son bébé. Le seul bébé repéré cette année. On en a pris plein la vue. C'est fou !

À la chasse aux aurores boréales
Le soir même, après un magnifique coucher de soleil sur la terrasse droit devant nous, le soleil a disparu, puis le ciel est, tour à tour, devenu rose, orange, bleu et...
- Oh, regarde ! Le ciel devient vert !!!
- Vert ??? Oh ouiii !!! Tu crois qu'on va voir une aurore boréale ???
- Ben, il devient de plus en plus vert !!!
Oui, alors, en fait, pas du tout. Quelques minutes plus tard, le ciel était surtout bien... bleu foncé-noir ! Notre état d'excitation a laissé sa place à la déception, puis à la résignation. Demain soir, peut-être ?

☑ Voir des baleines 
☑ Marcher sur le sable de Tadoussac, dans un décor rappelant étrangement la Bretagne
☑ Se balader sur un sentier tellement rempli de Français qu'on n'osait plus ouvrir la bouche par peur d'être repérés 
☑ Pique-niquer les yeux rivés sur des bancs de belugas
☑ Observer, jumelles en mains, d'autres bancs de belugas depuis la terrasse du chalet
☑ Goûter au homard trônant dans l'assiette de mes amis et - beurk ! - m'interroger sur le pourquoi du comment de son prix exorbitant
☑ Être initiée à de nombreux jeux de société
☑ Regarder les garçons finir les spaghettis au petit déjeuner sans broncher pour ne pas avoir à admettre qu'1,5kg de pâtes pour 7 et demi constituait une quantité légèrement disproportionnée
☑ Payer l'accès au parc façon jeu à gratter et glisser les billets dans une petite boîte à l'entrée du sentier, le tout sans personne pour nous contrôler
☑ Prendre en photo les toutes premières couleurs de l'automne
☑ Lire le guide d'utilisateur de notre voiture de location après avoir testé le mode tout terrain à une vitesse largement supérieure à celle autorisée
☑ Prendre le traversier sur le fjord entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine
☑ Se lancer dans un blind test musical sur une playlist des années 80 et se rendre compte à quel point les chansons les mieux maîtrisées sont rarement les plus profondes !
☑ Poubelles débordantes, plateaux non débarrassés, attente interminable, confusions dans les commandes... Bref. Halluciner face à la scène de chaos chez McDo.
Finalement, la seule chose que l'on n'aura pas vue du weekend ce sont les aurores boréales. Les coquines ont attendu que l'on parte pour embellir le ciel du Lac Saint-Jean. C'est balo ! Depuis, on zieute le ciel de Montréal. Le phénomène y est plus rare et plus difficile à repérer à cause des nombreuses lumières urbaines, certes, mais ce ne serait pas la première fois. Bon, petite note à moi-même toutefois : si le ciel nuageux verdit en direction du centre ville, ce sont les reflets des lumières de la tour Desjardins, PAS les lueurs d'une aurore boréale !

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30 août 2017

J+449 : Un festival de ballons colorés enflammés... ou presque !

Des montgolfières, des attractions, des concerts. Heu, les amis, ça vous dit ?

Me voilà donc partie avec trois de mes amis pour l'International de montgolfières de St-Jean-sur-Richelieu (à 45 minutes au sud-est de Montréal).

Des attractions
À peine arrivés à destination, première constatation, première mission :
- c'est fou le nombre d'enfants / d'activités spécialement conçues pour les occuper un peu / dépouiller leurs parents !
- explorer les lieux à la recherche d'activités auxquelles les grands aussi ont le droit de participer.
Après une initiation à la slackline, direction le Défi Pop Challenge, un parcours sportif principalement composé de châteaux gonflables. 
Prise d'élan, escalade à la force des bras, glissades tobogganales : pas vraiment équipés pour l'occasion, on a quand même foncé. Très vite, le taux de testostérone des garçons s'est décuplé et, prêts à tout pour gagner une course qu'on n'a jamais vraiment déclarée, ils se sont mis en tête de nous faire tomber. Sauf qu'avec les mouvements d'air, impossible de se relever, on était littéralement coincées, mortes de rire, ce qui ne nous a d'ailleurs absolument pas aidées...
Plus tard dans la soirée, deux de mes amis se son lancés dans le dégommage de pyramides de boîtes de conserves. À la clé ? Le gros dragon vert fluo en peluche que j'avais repéré. Ambitieux ? Un peu. N'empêche, au top de leur forme / force, tour à tour, les boîtes de conserves, ils les ont envoyé valser et, le gros dragon (Big D.), ils l'ont remporté ! Ouaouuuh ! J'étais impressionnée !

Des concerts
C'était pas le tout de remporter Big D., après il a fallu se le trimballer ! Sur nos épaules, dans nos bras, sous le bras, en garde alternée... bref. Big D. a assisté aux concerts à nos côtés.
Au programme de la soirée :
- Scott Helman : une découverte pop sympa que les jeunettes du premier rang connaissaient déjà à en croire leurs cris de groupies. Hum... c'est le nouveau Justin Bieber, c'est ça ?
- les finalistes de La Voix 5 (Québec oblige, le titre de l'émission The Voice, se traduit ici) dans des styles complètement différents, allant du métal au Frank Sinatra et, le temps d'une ou deux chansons... Corneille (mentor dans l'émission) !!!

Des montgolfières
Lorsque l'heure de leur envol a sonné, appareils photos dégainés, on a attendu... attendu... attendu que la météo y mette un peu du sien... en vain. Si le vent et la lumière du jour étaient les bienvenus, le gros nuage menaçant au-dessus du champ, l'était, lui, beaucoup moins. Résultat : il a fallu me faire à l'idée que voir des gros ballons enflammés décoller ne serait pas pour cette année.
Bon... et si on allait manger une poutine au porc effiloché de mon foodtruck préféré pour oublier ?

Quant à Big D., il a bien fallu le ramener à Montréal. Contente à l'idée d'avoir un oreiller sur lequel me caler sur la route du retour, j'ai vite déchanté : non seulement il prenait toute la place, mais, en plus, les billes qui le composent roulaient sous mon oreille au moindre mouvement... et quand on voit l'état des routes québécoises, autant dire que ça arrivait souvent !
Après la voiture, le métro. S'il n'a pas eu à payer de ticket, on l'a néanmoins assis dès qu'on en a eu l'occasion. C'est qu'il pèse son poid (et qu'il favorise la transpiration), le petit dragon ! 
Depuis, il attend bien sagement au fond d'un placard à vêtements en attendant de se trouver une nouvelle maison...

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23 août 2017

J+442 : Fierté Canada

J'ai toujours voulu assister au défilé d'une fierté. Au-delà des couleurs et des costumes exubérants, il y a des valeurs que je défends et un drapeau que j'aime particulièrement.

20 août 2017. La date était notée dans mon calendrier. Et comme, en plus, cette année, Montréal avait été sélectionnée pour accueillir la toute première Fierté Canada, impensable de passer à côté, c'était l'occasion rêvée. Appareil photos en mains, j'y suis donc allée..

Étape n°1 : repérer le lieu exact du défilé
Pour ça, il y a l'application qui nous a sauvés plus d'une fois depuis notre arrivée à Montréal, mon sens plus-que-pourri de l'orientation et moi : Google Maps. Sérieux, que je suive ou que je contre ma toute première intuition, je pars systématiquement dans la mauvaise direction. C'est pas faute d'avoir choisi une ville à grandes artères perpendiculaires pourtant...
Pour l'occasion, la portion du Boulevard René-Lévesque que le défilé devait fouler avait même revêtu les couleurs du drapeau arc-en-ciel. Plutôt pratique pour repérer le lieu exact du défilé !

Étape n°2 : trouver l'emplacement idéal
Moui, fin, bon... un bon quart d'heure fois deux Savoyards donnant environ une heure de retard, il a surtout fallu trouver un emplacement où la parade n'avait pas encore commencé !
La station de métro Place d'Armes étant à mi-chemin, elle me paraissait plutôt bien. À un infime détail totalement-occulté-par-mon-cerveau près : ça signifiait assister au défilé depuis le quartier chinois, un monde oh-combien-culturellement-différent de celui auquel m'ont habituée les Québécois. Car, si les Québécois s'exécutent d'emblée lorsqu'un policier leur demande de reculer pour permettre aux chars du défilé de passer, il semblerait que, pour les Chinois, le respect des consignes formulées par un membre de l'autorité soit une notion beaucoup plus... floue. Tablette et appareil photos en mains, ils sont restés figés. Première demande, deuxième demande, troisième demande. Le ton du policier s'est durci, mais rien n'y a fait. Pour enfin parvenir à les faire reculer, M. Autorité en a été rendu à poser la paume de ses mains sur eux pour les pousser délicatement, mais fermement. Hallucinant !
Quant à moi, partagée entre l'abasourdissement face à l'improbabilité d'une telle situation et l'exaspération, j'avais comme l'intuition que ma résistance nerveuse allait être mise à rude épreuve...

Étape n°3 : collectionner les cadeaux
Bandana multicolore, tatouages temporaires, canette arc-en-ciel de cola...
Prête à tout pour prendre des photos non gâchées par des bouts d'intrus (bras, cheveux...), je me suis frayée un chemin tout devant, l'emplacement apparemment idéal pour entamer une collection de cadeaux
Ceci dit, avant de finir dans mes cheveux, le bandana multicolore a dû attendre un peu. Poussez-vous les bouts d'intrus : Justin Trudeau arrive pile poil à hauteur de mon appareil photos !!!

Étape n°4 : se laisser porter par l'ambiance du défilé
Le défilé avait à peine commencé à notre niveau qu'il s'est littéralement figé. Plus de cris, plus de musiques, plus de chorégraphies : les participants comme les spectateurs se sont tus pour rendre hommage aux victimes de l'attentat de Barcelone qui a eu lieu trois jours plus tôt.
Barcelone...
2014. Un délai. Un budget. Un objectif.
Est-ce qu'ils réussiront à communiquer en espagnol ou en anglais ?  à gérer leur budget ?
Est-ce qu'ils prévoiront assez en terme de quantité ?
Est-ce qu'ils s'associeront pour créer un repas équilibré ?
Pendant que nos élèves déambulaient dans les allées du marché de la Bocqueria à la recherches de mets pouvant composer notre pique-nique-dîner (déjeuner), assis à une terrasse sous le soleil de la Las Ramblas, entre professeurs, on s'est interrogés.
Une fois le délai écoulé, on les a retrouvés le sourire aux lèvres et les bras chargés. Du pain, du jambon espagnol, du fromage, des salades de fruit, de l'eau... et, dans leurs mains, le change (monnaie) qui leur restait. 
Je n'oublierai jamais leur sourire, si fiers d'avoir réussi le défi qu'on leur avait lancé. Je n'oublierai jamais le super pique-nique qu'on a dévoré, ni le fou rire qui l'a accompagné.
Montréal. 2017. Quand la minute de silence s'est écoulée, les applaudissements ont pris le relay. Je n'oublierai jamais ces applaudissements-là, s'intensifiant graduellement à la manière d'une ola. Je n'oublierai jamais ce que j'ai ressenti à ce moment précis : l'accélération des battements de mon cœur, les frissons. Les cris, la musique et les chorégraphies ont repris. De Barcelone à Montréal, je me sentais en vie.

Rouge, orange, jaune, vert, bleu, violet. Deux heures de défilé sur le thème des couleurs du drapeau, deux heures de costumes originaux (petite pensée pour le combo laisse-musolière sado-maso !), deux heures de joie, de partage et de tolérance. Même le soleil est sorti de sa cachette pour l'occasion. Tellement d'ailleurs que mon épaule a rougi pour la toute première fois de l'été. Oui, oui, le 20 août. Tout à fait.

Une fois le défilé terminé, j'étais bien. En plus de pouvoir checker (cocher) une case de plus sur ma to-do list Canada, je venais de réaliser à quel point j'étais loin d'être seule à concevoir un monde haut en couleurs où nos différences seraient perçues comme une force et non un fléau. 
Je me demande pourquoi, aux quatre coins du monde, les différences sont rejetées, pourquoi les hommes s'entêtent à bannir, à détruire et à tuer. À l'évidence leur combat est perdu d'avance car, face à leur ignorance, dans les rues de Montréal, nous étions des milliers.

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16 août 2017

J+435 : Pick your color

Arrivé à mi-incubation, le bébé franco-canadien n°1 de mes amis/famille d'accueil/colocs temporaires était censé montrer ses parties intimes sur la prochaine écographie. Pour partager la découverte de son sexe avec nous, ils nous ont invités chez eux le temps d'une soirée intitulée Pick your color (Choisis ta couleur). Team boy vs team girl (licornes et jumeaux exclus, on était prévenus !), on a même pu parier.
À notre arrivée, rose, bleu : un verre de la couleur associée au sexe parié nous attendait. Comme pour moi, c'était un p'tit gars, j'ai bu dans un verre bleu toute la soirée.

Pour découvrir le sexe de bébé-mangue (les applications comparant l'évolution du fœtus à des fruits et légumes, je trouve ça génial !), il a fallu patienter jusqu'au dessert car c'est l'intérieur du gâteau qui nous l'a révélé.
Tout était bien planifié : le médecin devait écrire le sexe sur un petit bout de papier, le glisser dans une enveloppe destinée à la pâtissière qui, exit les colorants artificiels, choisirait des fruits roses ou bleus. Quant à nous, on avait pour mission de porter toute notre attention sur la couleur des fruits en question.
En théorie, oui, tout était bien huilé. Mais c'était sans compter sur :
1. le médecin, qui a oublié de demander aux parents de fermer les yeux avant de passer furtivement sur les parties intimes de bébé, permettant ainsi à la maman d'apercevoir un indice laissant peu de place au doute;
2. les fruits, qui, au contact de la crème pâtissière, ont dégorgé. Une couche supérieure bleue, une couche inférieure rose. Mais... les parents avaient pourtant prévenus : pas de jumeaux en vue !???
Redoublement donc de concentration sur le fruit... des bleuets !!! Yeaaaah ! De quoi arborer fièrement mon verre bleu tout le reste de la soirée (oui, bon, ok, comme les trois quarts des invités...).
Non, la réalité ne correspond parfois pas tout à fait à ce que l'on avait prévu, mais ces chemins de traverse sont à l'origine de bons fous rires et de jolis souvenirs.

La mission, maintenant, ça va être de lui trouver un prénom. En tant que colocataire ayant assisté à ses premières divisions cellulaires, j'ai bien tenté de négocier au moins le choix du deuxième prénom... sans succès.
Bon, ceci dit, j'avoue que, au fond, peu importe le prénom qu'il portera, peu importe le sport qu'il pratiquera (avec un papa nageur et une maman judoka, le sujet fait débat), moi, j'ai vraiment hâte de pouvoir le prendre dans mes bras ce petit loulou-là.

art

Posté par estelle_rousseau à 23:47 - Commentaires [2] - Permalien [#]