Après quelques calculs mathématiques savants, tu réalises qu'en ayant eu tes règles un mois pile poil avant tes 12 ans et en étant aujourd'hui âgée de 28 ans (Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie !), tu as donc passé plus de la moitié de ta vie à apprendre à composer avec les pics hormonaux et les douleurs à te clouer au lit.
À défaut de pouvoir contrer la nature et sachant qu'il te reste encore quelques années à galérer avant d'être libérée, tu essaies de la maîtriser. Au fil des années, serviettes, tampons, tu as tout testé. Entre l'impression de marcher avec une couche et l'angoisse à l'idée que ta ficelle de tampon dépasse de ton maillot de bain, tu élargirais bien ton champ des possibilités. Et ça tombe plutôt bien car il existe une option très répandue parmi les dames de la ville que tu as choisie : la Diva Cup (ou coupe menstruelle).
En cette période de festival du rire, le moment est donc approprié d'aborder avec une touche d'humour mes premiers pas au club royaume des divas.

L'achat
Aaaah, la Diva Cup ! De plus en plus flippée à l'idée de chopper un staphylocoque doré et de finir amputée, tu envisages l'idée de la tester. Mais, pour ça, il faudrait déjà la trouver ! Les chances étant, à priori, réduites dans une épicerie, tu te rends dans une pharmacie (en Amérique du Nord, les "pharmacies" vendent aussi des produits d'hygiène et de beauté). En toute logique, tu te diriges vers le rayon serviettes/tampons. Hum... ? Oui, alors, apparemment, la logique est une notion propre à chacun ! Tu te rabats ensuite sur le rayon tests de grossesse/condoms (préservatifs). Nope. Toujours pas. Finalement, après avoir arpenté les rayons de plusieurs pharmacies, tu finis par en trouver une qui - Oh, miracle ! - partage ta logique. Et, en termes de taille, tu as même le choix car, sur l'étagère tout en haut, deux modèles s'offrent à toi. Le n°2, plus grand/gros, étant destiné aux femmes de plus de 30 ans et/ou à celles qui ont accouché, tu attrapes le modèle n°1. 
Une fois en caisse, improbable, mais vrai, de tous tes achats, c'est la cup qui prend le monopole de la conversation :
- Oooh ! Les Diva cups sont en promo ?
- Oui. Du coup, on s'est dits que c'était l'occasion de tester.
- Vous allez voir, c'est merveilleux. (...) Bon essayage !
Heu... Merci... ???

L'insertion
Oh shit! En voyant la taille et la forme de l'objet du monstre, tu te rappelles soudain pourquoi tu as mis si longtemps à te décider. Pour t'auto-rassurer, tu te dis que la tête d'un bébé est censée pouvoir passer. Petit guide d'utilisation en main, tu focalises toute ton attention sur la marche à suivre :
Étape n°1 : Plier
La figure n°2 te semble bien compliquée. Moui, bon, inutile de se compliquer la tâche, tu optes pour la figure n°1.
Étape n°2 : Tenir la coupe
C'est le moment que ton cerveau choisit pour te remémorer l'anecdote Diva-glissante-volante d'une copine. Du coup, tu commences à paniquer - Si le monstre en silicone me glisse des mains, c'est dans la cuvette des toilettes qu'il va tomber ! - et tes doigts se resserrent autour de ta cup, quitte à la boyer.
Étape n°3 : Insérer
Détendez vos muscles vaginaux.
La voix de ta gynécologue tourne soudain en boucle dans ta tête. C'est teeellement plus facile à dire qu'à faire !
Moyennement sereine, tu repenses à tes cours de yoga balinais. Après tout, rien de tel qu'un exercice de relaxation en mode Inspirez... Expirez... pour se détendre. Inspirez... Expirez... C'est bon, Madame la cup, t'est insérée ?
Étape n°4 : Tourner
Tourner ? À 360° ??? Nan mais ils veulent m'achever !!!
Ouuuch! Nan mais comment tu veux faire faire un tour complet à une cup ventousée sans endommager au passage tes parois vaginales de façon irrémédiable ???
Dernière vérification : tu appuies sur la cup pour vérifier qu'elle est bien placée et qu'elle ne risque pas de déborder. Bien placée, bien placée... vue comme tu la sens en te relevant, tu commences à douter de la technique de la rotation à 360°...

Le retrait
Comme, à priori, ça ne te semble pas très compliqué - si tu as réussi à l'insérer, tu dois pouvoir la retirer - tu t'abstiens de lire le petit guide d'utilisateur et, très vite, tu réalises à quel point c'était une erreur.
Awww... elle est passée où ? Oh mon Dieu ! Elle a disparu !!!
Passé le pic de panique, tu pars en exploration et tu retrouves ta cup nichée tout en haut ! Heureusement qu'un vagin ne dépasse pas les 8-10 cm de profondeur !!! T'aurais l'air malin avec tes doigts de lilliputien !
Tu tentes tant bien que mal de la rattraper en la pinçant du bout des ongles et réalises au passage à quel point - Aïïïe ! - la mention "ongles ultra courts" devrait être préconisée dans leur petit bouquin. 
Prête à céder de nouveau à la panique, tu laisses à ton imagination le soin de trouver une méthode efficace pour sortir cette ostie de crisse de calice de p****n de cup à deux doigts de me mettre en tabarnaaak !!! ("rendre dingue", mais version grossier)
Inspirez... Expirez... Inspirez... Expirez...
Comme les seules images qui te viennent sont tirées de reportages sur l'accouchement, tu commences à Poussez, Madame. LA technique apparemment imparable pour la faire glisser, avec un joli petit shooter pour Dracula à la clé. Hum... appétissant !

Le bilan
Honnêtement, au début, la cup, c'est surtout merveilleusement... déstabilisant ! Et puis, après plusieurs jours, tu deviens une pro tu fais des progrès (n'exagérons rien) en retrait/insertion et tu finis même par trouver de nombreux avantages à ton nouvel investissement :
1. réutilisable, la cup permet de préserver l'environnement et ton compte bancaire en même temps;
2. contrairement aux serviettes et aux tampons, tu prends conscience de la quantité de sang que tu perds vraiment;
3. exit les angoisses car, même lorsque le seul pantalon propre qu'il te reste est blanc, si elle est bien insérée, aucune fuite ne peut venir t'importuner;
4. pas besoin de la retirer dans les toilettes du travail (où tu es déjà assez stressée à l'idée que l'on t'entende pisser !) au risque de la faire tomber ou de ressortir les doigts ensanglantés : elle tient toute la journée !
5. si, un jour, au détour d'une contraction, on te demande de Poussez, Madame, tu seras plus que bien rodée.
En résumé, oui, au début, clairement, la cup, c'est déstabilisant. Mais, avec le temps (et l'entraînement), il y a de fortes chances pour que, moi aussi, sous peu, je trouve ça merveilleux...

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