15 janvier 2018.
Ma nouvelle job (oui, "job" est féminin par icitte) a enfin commencé. Enfin, sur le papier... car, les travaux d'agrandissement n'étant pas finis, nous n'avons pas tous accès à un bureau / un ordinateur, ce qui complique fortement la passation façon chaises musicales des nos fonctions.
Si, assise à mon bureau, les yeux rivés sur l'écran de mon ordinateur, le stress et la multitude de questions ne paraissent pas, dans ce contexte d'incertitude sur lequel je n'ai aucun contrôle, ils sont pourtant bien présents. Et, dans ces moments-là, mon médicament n°1 ce sont... mes collègues.

1. Les lunch ladies
Bien que la configuration ouverte de notre bureau implique une certaine proximité, on est souvent bien trop absorbés par nos tâches respectives dans la journée pour se parler. Du coup, notre pause, c'est un peu le moment pour se retrouver / décompresser. Et comme va-Dieu-savoir-pourquoi, il n'y a que les filles pour prendre leur pause dans la salle des profs, on s'est auto-attribuées ce surnom.
Bouffe, travail, livres, séries : on parle et on rigole beaucoup aussi.

2-Les cours de québécois
Même s'ils parlent un français plus standard lorsqu'ils sont au travail (école internationale de langues oblige !), mes collègues utilisent parfois des expressions que je ne connais pas. Exemple : être effouéré (avachi) sur le divan.
Lorsque ça arrive, hop, hop, hop, crayon à papier  à mine en main, je les note de ce pas. Pas dit que je sois capable de les employer une fois ma minute-formation passée, mais, au moins, ça me donne de quoi alimenter les top 3 lexicaux de mon blog. Top 3 qui se font de plus en plus rares d'ailleurs... Preuve que les expressions me surprennent de moins en moins / que je me québéquise un peu trop bien !

3- Pat
En parlant de français de France vs français du Québec, Pat reste de loin la différence langagière à l'origine du plus gros quiproquo à date.
En arrivant au travail, un matin, ma collègue a trouvé un paquet de bonbons sur son bureau, accompagné d'un petit mot : "Merci pour tes petite gâterie. Menuisier Pat...".
Dans l'équipe, il y a eu deux genres de réactions :
- d'un côté, les Québécois, impassibles :
C'est qui Pat?
Il a fait une faute d'orthographe.

- de l'autre, les deux seules françaises de l'équipe (ma patronne et moi), mortes de rire :
What did you do to him??? (Tu lui as fait quoi ???)
C'est comme ça que j'ai découvert qu'en québécois, l'expression "faire une petite gâterie à quelqu'un" est une attention on-ne-plus-délicate-dénuée-de-toute-connotation-sexuelle.
Si, à la fin de la journée, le mystère restait entier sur l'identité de Pat-le-menuisier, au moins, on a bien rigolé !

4-Les travaux
Quand les ouvriers ont retiré les séparateurs entre les bureaux de notre open space, travailler est devenu plus compliqué. Si, malgré les séparateurs, c'est déjà un challenge pour notre cerveau, cette nouvelle hyper proximité a mis à rude épreuve notre efficacité. Le moindre bruit, la moindre conversation et notre concentration s'amenuisait. 
Et puis, de fils en aiguille, ça nous a fortement rapprochés. Plus besoin de me lever, il me suffisait de me retourner pour répondre à une question ou de rouler ma chaise pour piquer un (ou deux) bonbon dans le candy jar (pot à bonbons) sur le bureau de ma collègue.

5-Une famille
Et puis, il y a ce qui fait de notre équipe une famille : l'écoute, les conseils et les bras. Tous ces petits moments qui transforment les larmes en rire et le stress en obstacle surmontable. Une famille aux origines internationales, aux conversations bilingues. Ma famille. Ma YMCA family.

art