Après 2h30 de route à, entre autres, tenter de retrouver le nom d'origine des enseignes traduites* à peine visibles à travers les vitres gelées de notre voiture de location, on est enfin arrivés dans notre joli 4 1/2 (T3) loué pour la fin de semaine (le weekend).
*Exemple : PFK (Poulet Frit Kentucky) vs KFC (Kentucky Fried Chicken).

1. La Chandeleur
Si les Québécois ne la célèbrent pas, en tant que Français, impossible d'y couper : à peine arrivés, on s'est lancés dans la confection (et la dégustation !) de crêpes salées et sucrées. De quoi finir le ventre plus que bien blindé !

2. La Chute-Montmorency gelée
Un chandail (un haut, ici à manches longues), un pull à col roulé, un legging moumouté, des chaussettes épaisses montantes, un manteau ultra rembourré, une écharpe-plaid, une tuque (un bonnet), des mitaines (moufles) : il fallait bien au moins tout ça pour survivre au -30°C annoncés.
D'octobre à février, le décor a complètement changé. Les escaliers recouverts de neige et de glace étaient impraticables, et, sur le chemin menant au pied de la chute, il n'y avait presque pas un chat. En même temps, il faut être un peu mazot pour mettre le nez dehors par ce froid-là. Et - What the f***??? C'est quoi ces toiles de tentes ??? - pour camper n'en parlons pas ! 
Depuis le pont, on en a pris doublement plein les yeux. Au sens figuré déjà parce que l'eau qui tente de se frayer un chemin entre la glace sous nos pieds et, au loin, les petites cabanes de pêcheurs sur le fleuve St-Laurent complètement gelé constituaient un paysage absolument magnifique à regarder. Et au sens littéral aussi car les rafales de vent glacées qui soufflent à fond les ballons nous ont congelés jusqu'à la cornée !
Le temps de prendre quelques (dizaines de) photos, hop, hop, hop, j'ai foncé me réchauffer les fesses posées sur l'un des sièges passagers.

3. L'Île d'Orléans
... est, entre autre, réputée pour ses vignobles, ses fraises et ses chocolats, mais, pour tout ça, il faudra repasser. Par -30°C, la meilleure façon de la visiter, c'est de partir à la recherche des beaux points de vue à photographier bien confortablement installés dans une voiture surchauffée.
À l'ouest et au nord, pour la partie du fleuve gelée, vue la quantité de propriétés privées, c'était légèrement compliqué. C'est pas faute d'avoir tenté de braver la neige fraîche et le froid pour marcher jusqu'au seul belvédère qu'on a trouvé, mais, à force de s'enfoncer, on a vite abandonné. 
À l'est et au sud, changement de décor : des blocs de glace flottaient à la surface de l'eau au gré du courant et il y avait beaucoup plus de spots photos avec, en prime, une vue sur la Ville de Québec et ses usines fumantes.
Enfiler mon manteau, mon écharpe, mes mitaines et ma tuque avant de sortir de la voiture, les enlever en rentrant, les enfiler et les enlever de nouveau quelques minutes plus tard : de points de vue en points de vue, mon petit rituel de passage du chaud au froid est vite devenu gossant (chiant). Résultat : pour quelques secondes, je me suis canadianisée un peu (au risque de me transformer en statue de glace !). Après tout, manteau ouvert, les photos en jetteront tout autant...

4. Le Carnaval de Québec
Sculptures sur neige, sur glace, course en canot à glace... Dans le vieux Québec, les animations ne manquaient pas.
De notre côté, on s'est essayés au sciage de bois en duo, aux balançoires-planche de surf, au lancer de rondelle (palet) de hockey dans des poêles à bois, aux skis en bois de groupe (nécessitant une synchronisation qu'à l'évidence nous n'avions pas !) et au lancer de mini-haches en plastique sur un écran soi-disant tactile. Hum... moui... En même temps, vu comme les points stagnaient en dépit de notre dégommage de bûches acharné, j'émets une certaine réserve sur la tactilité... 
Quand au défilé, en l'attendant par -30°C, j'ai cru que j'allais me cryogéniser !!! Sautiller sur place, taper marteler la pointe de mes bottes de neige dans le sol pour empêcher mes orteils de geler, etc. : toute technique était bonne à prendre pour... survivre !
Et puis, l'arrivée des chars a détourné mon attention. Toutes ces lumières colorées sur fond de banderoles autochtones et de chemises carottées dans la nuit noire c'était beau à regarder / photographier. Il n'empêche que, soyons honnêtes, réaliser que le défilé n'allait pas s'éterniser autant que celui de la St Patrick (2h !), ça m'a beaucoup rassurée ! Une fois le portrait de Bonhomme  immortalisé (Bonhomme, c'est la mascotte du carnaval de Québec... pour un bonhomme de neige, à l'évidence, ils se sont pas trop foulés quand il a fallu le baptiser, j'avoue !), on a rebroussé aussi viiiiiite que nos membres engourdis nous le permettaient en pensant fortement à Jamel Debbouze : "Qu'est-ce que c'est que ce pays ? C'est pas possible ! Il fait au moins -8000 !" (cf. Astérix et Obélix Mission Cléopâtre).

Entre froid glacial et chutes de neige coagulant sur mon écharpe, cette fin de semaine est de loin la plus hivernale sur ma to-do list canadienne. Pour survivre au climat, il a fallu employer les grands moyens :
- crêpes, poutine (d'autant que c'était la fameuse Poutine Week !) accompagnée d'un vin rouge australien à se taper le cul par terre à en recommander une autre bouteille (à 75$ tout de même... c'est dire à quel point il était bon !) et bon brunch bien protéiné-bien gras pour mon estomac;
- jeux de société trouvés dans notre AirBnB autour d'un thé pour bien rigoler (la pauvre madame, on lui a dégommé ses feuilles de Petit bac... qui ne s'appelle pas du tout comme ça par icitte d'ailleurs).
Même si les conditions climatiques ont mis mon corps à rude épreuve pendant 48h et m'ont beaucoup fait chialer (râler), après une fin de semaine aussi magique, j'avoue que j'avais plus que moyennement envie de rentrer.

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